‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 34 sur 271 · SLTV LA PRÉSENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

SLTV LA PRÉSENCE DE DIEU

Marchez en ma présence , et soyez parfait. Gen. xvu. 1 .

I. Voila, Seigneur, ce que vous disiez au fidèle Abraham : et en effet, qui marche en votre

' Ephrs. V. 16.

MAM "Kl. I>K IM!-:TI'.

présoiicc cl <l;uis la voie do la itiMleition? On ne s't'carti' (le cclto voio sainte , (|ii'eii Noiispeidaiit «le vue. et qnen ressaut <le vmis voir en l<»nl. Hélas! oïl vais-je lorsque je ne vous vois plus , ^ons qui êtes ma lumière , et le terme uni(]ue où doivent tendn tous mes pas? \ dus le-rarder dans toutes les dt-marelies (jue l'on lait . c'est le moyen de ne séirarer jamais. (> toi lumineuse au milieu des ténèbres qui nous environnent ! 0 regard plein de eonlianec et d'amour, qui conduisez l'honune à la perfection ! <• Dieu, je ne voiscjue vous; c'est vous seul (jiie je clierclie et que je considère dans tout ce que mes yeux semMent reLrarder ! 1/ordrede votre providence est ce qui attire mon attention. -Mon cn^ur ne veille que pour vous dans la nndtilude des atVaires . des devoirs, et des pensées qui m'occupent . parce qu'elles ne m'occupent que pour obéir à vos ordres. Ainsi je tàrlie de réunir toute mon attention en vous , o souverain et unique objet de mon creur, lors même que je suis obligé de partager mes soins selon les lois de votre divine volonté. Hé ! que pourrois-je regarder dans ces viles créatures, si vous cessiez de m'y appliquer , et si je cessoisde vous y voir?

II. J'ai donc résolu de tenir mes yeux levés rers /es moutngves saintes, d^ oh j'attends toute ma force et ^>»M/<o/< secours*. C'est en vain que jem'appliiiuerois uniquement à regarder à mes pieds, poui* me délivrer des pièges innombrables qui m'environnent. Le danger vient d'en bas; mais la délivrance ne peut venir que d'en baul : c'est là (jue mes yeux s'élèvent pour vous voir. Tout est piège pour moi sur la terre, le dedans et le dehors. Tout est piège, Seigneur, sans vous. C'est vers vous seul que se portent mes yeux et mon cœur. Je ne veux voir que vous ; je n'espère qu'en vous. Mes ennemis m'assiègent sans cesse; ma propre foiblesse m'effraie : mais vous avez vaincu le monde pour vous et pour moi, et votre force toute puissante soutiendra mon iniirrfiité.

XXrX« JOIR.

SUB l'aMOCR oie OIEI K lOfR NOVS.

Je VOUS ai aimé d'un amour éternel. Jeron. ixxi. 3.

I. DiEr n'a pas attendu que nous fussions quelque chose pour nous aimer : avant tous les

siècles, et avant même ipie nous eusssions l'être que nous |)ossèdons . il pensoit à nous, et u n y |ieiisiiit (]ue [tom' nous faire du bien. Ce qu il avoit médité dans réternité il l'a exécuté dans le temps. Sa main bienfaisante a répandu sur nous toute sorte de biens: nos iniidélitès mêmes, ni nos ingratitudes , j)res(jue aussi nombreuses que ses favein's, n'ont pu encore tarir lu source de ses dons , ni arrêter le cours dises gnkes. (> amour sans commencement .

([ui m'avez aimé durant des siècles intinis, et lors même que je ne pouvois le ressentir ni le reconnoîti'e ! H amour sans mesure, qui m'avez tait ce que je suis, ipii m'avez donné ce que j'ai t.'t qui m'eri promettez encore intiniment davantage ! 0 amour sans interruption et sans inconstance , que toutes les eaux amères de mes iniquités n'ont pu éteindre! Ai-je un cœur, (S mon Dieu , si je ne suis pas pénétré de reconnoissauce et de tendresse pour vous?

H. Mais que vois-je ? L'n Dieu qui se donne lui-même, après même avoir tout donne ; un Dieu qui me vient chercher jusqu'au néant, parce que mon péché m'a fait descendre jusque là : un l>ieu qui prend la forme d'un esclave , pour me délivrer de l'esclavage de mes ennemis , un Dieu qui se fait pauvre , pour m'enrichir; un Dieu qui m'appelle, et qui court après moi quand je le fuis ; un Dieu qui expire dans les lourmens. pour m'arracher des bras de la mort et j)Our me rendre une vie heureuse : et je ne veux souvent ni de lui ni de la vie qu'il me présente î Pour qui prendroit-on un homme qui airaeroit un autre homme conune Dieu nous aime ? et de quels anathèmes ne se rend pas digne, après cela, celui qui n'aimera pas le Seigneur Jésus '?

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