‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraireChapitre 85 sur 271 · LE JEL'NE B.^CCHL'S ET LE F.\UNE · texte numérisé non relu

LE JEL'NE B.^CCHL'S ET LE F.\UNE

L'n jour le jeune Bacchus , que Silène instruisoil, cherchoit les Muses dans un bocage dont le silence n'étoit troublé que par le bruit des fontaines et par le chant des oiseaux. Le soleil n'en pouvoit , avec ces rayons , percer la sombre verdure. L'enfant de Semélé , pour étudier la langue des dieux , s'assit dans un coin au pied d'un vieux chêne, du tronc duquel plusieurs hommes de l'âge d'or étoient nés. Il avoit même autrefois rendu des oracles , et le temps n'avoit osé l'abattre de sa tranchante faux. Auprès de ce chêne sacré et antique se cachoit un jeune Faune , qui prètoit l'oreille aux vers que chantoit l'enfant, et qui marquoit à Silène . jiar un ris moqueiw, toutes les fautes que faisoil son disciple. Aussitôt les Naïades et les autres Nynq)hes du bois sourioient aussi. Ce critique étoit jeune, gracieux et folâtre; sa 1(Me étoit couronn('e de lierre et de pampre ; ses tempes étoient ornées de grappes de raisin ; de son épaule gauche pendoil sur son côté droit, en écharpe , un feston de lierre : et le jeune IJacchus se plaisoit avoir ces feuilles consacrées à sa divinité. Le Faune étoit enveloppe audessous de la ceinluie par la dépouille atVreuse et iK-rissée d'une jeune lionne (|u'il avoit tuée dans les forets. Il leuoil dans sa main une houlette conrb(!'e el noueuse. Sa queue paroissoit derrière . c<tnmie se jouant sur son dos. .Mais comme Macchus ne ponvuit M)ullrir un rieur malin , liiujonrs pièl à se mo(|uer de ses expressions >i elles n'éloieiU |tiM('s et élégantes . il lui dit d un ton lier el inqialient : <iomnient

FABLES

oses-tu te moquer du fils de Jupiter? Le Faune répondit sans s'émouvoir : Hc! comment le tils de Jupiter ose -t-il faire quelque faute ?

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