CHAPITRE XIV
Nous avons déjà dit que les Américains enterraient leurs morts trèspromptement; le colporteur, obligé de pourvoir à sa propre sûreté ,' avait encore abrégé les cérémonies d'usage. Au milieu de l'agitation produite par la bataille, la mort du vieux Birch n'avait produit aucune sensation; cependant quelques voisins s'étaient rassemblés à la hàle pour accompagner le défunt à sa dernière demeure: c'était l'approche de cette humble procession qui barrait le passage à Lawton et à son camarade. Quatre hommes soutenaient le cercueil sur un grossier brancard , quatre autres marchaient en avant pour relever les premiers au besoin. Ilarvey suivait avec Catherine Ilaynes, M. Wharton et son fils ; le reste du cortège se composait de quelques vieillards et de petits enfants oisifs. Harvey en levant les yeux aperçut avec terreur le redoutable capitaine, et eut d'abord la pensée de fuir; mais rassemblant ses forces, il fixa les yeux sur le cercueil de son père et passa d'un pas ferme devant le dragon. Celui-ci se découvrit lentement la tète ; et lors'|ue le convoi eut défilé, il se mit en route à pas lents sans prononcer une seule parole.
César sortit de la cuisine et se joignit au cortège en ayant soin de se tenir à une distance respectueuse des deux cavaliers; le vieux nègre avait placé sur son bras une serviette d'une bhincheur sans tache. C'était la première fois depuis son départ de New-Yoïk ij l'il trouvait l'occasion de se montrer avec ce signe ordinaire du deuil des esclaves ; il n'était pas fâché de faire connaître à son noir ami le Géorgien les particularités d'un enterrement du West Chester. Cet excès de zèle lui valut au retour un sermon de miss Peyton, qui, tout en le louant d'avoir suivi le convoi , décida que la serviette était de trop aux funérailles d'un homme de condition inférieure.
Le cimetière était un enclos situé sur les domaines de M. Wharton et entouré d'un petit mur à hauteur d'appui; il était près de la grande route et le capitaine Lawlou fit un mouvement comme s'il eût été tenté d'assister aux derniers rites funèbres , mais Sitgreaves l'arrêta en lui rappelant qu'il se trompait de chemin.
— De toutes les diverses méthodes qui ont été adoptées relativement à nos dépouilles mortelles, laquelle préférez-vous? demanda gravement le chirurgien. Dans quelques pays sauvages on laisse le corps esposé aux bêtes f.iuves, ailleurs on le suspend en l'air, ici on le brûle , li on l'enfouit dans les entrailles de la terre ; chaque peuple a sa coutume, à laquelle accorJez-vous la préférence ?
— Chacune a ses charmes, dit le capitaine en suivant des yeux le groupe qu'il venait de quitter, je m'en rapporte entièrement à votre avis.
— La nôtre est la meilleure, reprit le chirurgien , car c'est la seule qui contribue aux progrès de la science en permettant de disséquer les cadavres. Ah ! capitaine, c'est un avantage que je m'attendais à trouver quand je suis entré dans l'armée, et par malheur j'en jouis bien rarement.
— Combien de fois par an à peu près? dit le capitaine.
— Une douzaine tout au plus, sur ma parole ! La meilleure récolte est lorsque la cavalerie est détachée. Lorsqu'elle suit le principal corps d'armée, il y a tant de jeunes gens à satisfaire que j'attrape rarement un bon sujet; ces novices sont avides et prodigues comme des vautours.
— Comment! s'écria le capitaine avec surprise, vous n'avez qu'une douzaine de corps par an ! mais moi-même je vous en fournis tout seul un plus grand nombre.
— Ah ! Jacques, répliqua le docteur avec un accent de tendre re-
IS
proche, on ne petit tirer aucun parti de ceux qui passent par vos m.iins; vous les défigurez d'une luanièrc dt'plor.ilile. (Iroyez-iuoi , je vous parle eu ami , votre système ne vaut absolument rien; vous détruisez la vie sans nécessité, et en outre vous rendez le cadavre impropre au seul service que l'on puisse attendre d'un homme mort.
Lawton garda le silence de peur d'entamer une discussion orageuse, et le docteur, après avoir jeté un dernier regard sur le cimetière, dit avec un soupir étouffé :
— Si l'on avait le temps, on pourrait se procurer ce soir un individu mort de mort naturelle ; c'est sans doute le père de la femme que nous avons vue ce matin?
— Non, répondit Lawlon ; elle avait seulement soin de son ménage : le défunt était le père d'ilarvey , célèbre comme colporteur et comme espion.
— Quoi! celui qui vous a désarçonné?
— Personne ne m'a jamais désarçonné , docteur, dit gravement le dragon, je suis tombé par accident, et j'ai rudement heurté la terre avec mon cheval.
— Il est à regretter que vous n'ayez pas découvert l'endroit oii se cache le coquin qui est cause de cette mésaventure?
— Il suivait le corps de son père.
— Et vous l'avez laissé passer! s'écria le chirurgien en arrêtant son cheval; retournons vile sur nos pas et arrêtons-le, demain vous le ferez pendre et j'aurai le plaisir de le disséquer.
— Doucement! doucement! mon cher Archibald , voudricz-vous arrêter un ho:nme qui rend les derniers devoirs à son père ? Fiez-vous à moi et je vous promets que je lui ferai rendre justice.
Le docteur exprima son mécontentement par des murmures; mais il avait trop le sentiment des convenances pour insister.
Cependant Bircli avait le maintien gr:;ve et recueilli d'un homme affligé, et c'était de Catherine que l'on attendait des preuves d'une sensibilité plus espansive. Il y a des gens faits de telle façon qu'ils ne peuvent pleurer que devant léuaoins, et la femme de charge était de ce nombre. Remarquant que les assistants filaient les yeux sur elle dans une attente solennelle, elle se mit à verser des larmes qui excitèrent la commisération de toute l'assemblée.
Lorsque la première pelletée de terre tomba sur la fosse avec ce son creux et sourd qui proclame si éloquemment le néant de l'homme , la figure d'ilarvey fut contractée par des mouvements convulsifs, son corps s'affaissa, ses bras tombèrent sans force à ses côtés, ses doigts se crispèrent, et toute sa physionomie annonça les tortures de son âme; mais cette émotion fut passagère; il se redressa, poussa un long soupir et regarda les assistants avec calme; on aurait même dit qu'il était fier d'a-oir maîtrisé sa douleur. La fosse fut bientôt remplie, les deux extrémités en furent marquées par des pierres, et le monticule en fut recouvert p^r un gazon , dont la végétation flétrie était en rapport avec la destinée du défunt. Les voisins, qui s étaient employés ofi'icieusement à ces travaux funéraires, ôtèrent leurs chapeaux, et regardèrent Hurvey, qui sentait plus que jamais qu'il était seul sur la terre; il se découvrit aussi, et, après un moment d'hésitation, il dit avec énergie :
— Mes amis et voisins, je vous remercie de m'avoir aidé à enterrer celui que j'ai perdu.
Un silence solennel succéda h cette allocution d'usage; le groupe se dispersa, quelques individus seulement accompagnèrent Harvey jusqu'à sa porte, le colporteur et Clherine ne furent suivis dans l'habitation que par un seul homme, connu dans les environs jiar le sobriquet significatif du Spéculateur. A son aspect, Cuiherine fut saisie d affreux pressentiments; mais Harvey s'attendait à sa visite et le fit poliment asseoir. Puis, après avoir jeté un coup d'œil au dehors pour s'assurer que personne n'était aux aguets, il dit brusquement :
— Le soleil descend derrière les montagnes; le temps me presse : voici le contrat de vente de la maison et de ses dépendances, rédigé conformément à la loi.
Le Spéculateur prit le papier et en examina le contenu avec une lenteur qui provenait tant de ce qu'il voulait agir prudemment que de ce que son éducation avait été malheureusement négligée dans sa jeunesse. Les moments qu'il consacra à cette fastidieuse lecture furent employés par Harvey à recueillir les objets qu'il voulait emporter. Catherine avait déjà demandé au colporteur si le défunt avait laissé un testament, et elle vit la Bible déposée avec indifférence dans une nouvelle balle qu'elle avait confectionnée; mais lorsque les six cuillers d'argent prirent le même chemin, elle ne put s'empêcher de récriminer.
— Lorsque vous vous marierez, Harvey, vous aurez besoin de ces cuillers ?
— Je ne me marierai jamais !
.— On ne peut répondre de rien; il ne faut pas faire de promesse imprudente. A mon avis, un aussi grand nombre de cuillers est inutile pour un homme seul ; et je crois que lorsque l'on est si bien pourvu, c'est un devoir d'avoir une femme et des enfants.
A l'époque oii Catherine exprimait cette opinion, la fortune des femmes de sa condition consistait en une vache, quel(|ues matelas, des couvertures, des draps et une demi -douzaine de cuillers d'argent : la femme de charge s'était déjà procuré les premiers de ces objets, et l'on se figure aisément le désappointement qu'elle éprouvait en voyant les cuillers dont elle espérait compléter son trousseau ensevelies dans
l'énorme pacotille. Sa mauvaise humeur était loin d'être diminuée par le vfipu de célibat qu'Harvey venait de faire ; mais, sans s'inquiéter de ce qu'elle pouvait penser, le colporteur conlinui tranquillement à remplir son ballot. Pendant ce temps, le Spéculateur était parvenu h déchiffrer le contrat.
— Ce n'est pas sans crainte que je conclus le marché, dit-il.
— Pourquoi ?
— J'ai peur qu'il ne soit pas ratifié par la loi; je sais que deux de vos voisins vont aller dès demain requérir la confiscation de la maison, et si j'en donne cinquante livres je cours risque de les perdre.
— On ne peut s'en prendre qu'à moi, dit le colporteur ; donnez-moi deux cents dollars et la maison est à vous. Votre zèle pour la bonne cause est connu, et on ne vous inquiétera pas.
— Cent dollars et je conclus l'affaire, répondit le Spéculateur avec une grimace qu'il s'imaginait être un sourire de bienveillance.
— Mais nous sommes déjà convenus du prix, s'écria Ilarvcy avec surprise.
— Il n'y a rien de fait, reprit le Spéculateur en ricanant, si la somme n'est pas comptée en échange du titre.
— II est entre vos mains.
— Et je le garderai si nous nous entendons; allons, mettons cent cinquante dollars : j'ai précisément l'argent en poche.
Le colporteur regarda par la fenêtre , il vit avec désespoir que le? ténèbres s'épaississaient; il savait que sa vie serait en danger s'il restait dans l'habitation quand la nuit serait venue , pourtant il ne pouvait consentir à être ainsi dépouillé au mépris d'une convention déjà faite.
— Eh bien ! dit l'acquéreur en se levant, vous trouverez peut-être un autre amateur jusqu'à demain matin; mais songez que, si vous n'y parvenez pas, votre propriété ne vaudra pas grand'chose.
— Acceptez ! dit Catherine, qui ne pouvait résister à la vue des guinées anglaises étalées par le Spéculateur.
— Soit, répondit Harvey ; il prit l'argent , en mit une partie dans la main de Catherine, et ajouta :
— Si j'avais eu d'autres moyens de vous payer , j'aurais mieux aimé tout perdre que de me laisser rançonner de cette manière.
— Vous pouvez peut-être tout perdre encore ! répondit l'étranger d'un ton railleur ; et il sortit précipitamment.
— 11 a raison, dit Catherine en le suivant des yeux; maintenant que voire vieux père n'est plus et que vous êtes presque ruiné, vous avez besoin de quelqu'un qui veille attentivement à vos intérêts.
Le col])orteur, occupé à faire ses préparatifs de départ , ne prit pas garde à celte interruption, mais la vieille fille revint à la cltaige; el^e avait passé tant d'années à nourrir des illusions qui semblaient maintenant détruites que l'idée d'une séparation lui ét;iit réellement pénible , elle éprouvait un sentiment dont elle ne se serait pas crue capable pour un homme malheureux et abandonné de tous.
— Avez-vous une autre maison? demanda Catherine.
— La Providence m'en fournira une ; je prendrai la première venue, car les pauvres ne doivent pas être dilhciks.
— Je conçois que vous n'ayez pas trop de regrets de quitter ce lieu ; moi-même je m'y déciderais sans peine, car je n'ai pas beaucoup à me louer des gens du voisinage.
— Ils ressemblent au reste des hommes, dit le colporteur; mais, que m'importe, tous les séjours me sont indifférents, toutes les figures me sont également étiani;ères.
A ces mots, il laissa tomber une pièce d'étoffe, qu'il tenait à la main, et tomba accablé sur un coffre.
— Ne parlez pas ainsi, dit Catherine en approchant sa chaise; il ne faut pas m'oublier , ma figure, certes, ne peut vous être étrangère.
Birch la regarda lentement et remarqua sur ses traits plus de sensibilité et moins d'égcïsme qu'il n'en avait jamais vu auparavant; il lui prit affectueusement la main en lui disant :
— Oui, bonne femme; vous, du moins, vous n'êtes pas une étrangère pour moi; vous me rendez justice; et, si l'on m'accuse, vous risquerez peut-être quelques paroles pour ma défense.
— Bien certainement, s'écria Catherine, je vous défendrai jusqu'à la dernière goutte de mon sang; qu'on ose vous accuser devant moi! vous dites vrai, Harvey, je vous rends justice; on prétend que vous aimez le roi d'Angleterre, qu'est-ce que cela fait? j'ai souvent entendu dire qu'au fond c'était un brave homme ; mais il parait qu'il y a peu de religion dans ce pays, car tout le monde convient que tous ses ministres sont détestables.
Le colporteur se leva d'un air égaré et se mit à marcher à grands pas en murmurant :
— Lorsque mon père vivait, il y avait un homme qui lisait dans mon cœur : quand je revenais de mes courses secrètes, quand j'avais subi des outrages et de mauvais traitements, quelle consolation c'était pour moi de recevoir sa bénédiction et ses éloges! mais il n'est plus, ajouta-t il en fixant les yeux vers la place ou se tenait d'ordinaire le vieillard; qui donc à présent est à même de m'apprécier? Un seul homme, qu'il faudra que je voie avant de mourir. Oh! il est aû'reux de mourir et de laisser après soi une pareille réputation I
— Ne parlez pas de mort, Harvey! dit la femme de ménage; et, après avoir promené les yeux autour de la chambre, elle mit une bftche dans le feu pour obtenir plus de clarté.
L'agitation du colporteur avait élë causée par les événements de la veille et par la vive conscience de ses douleurs, mais la passion ne domina pas loaglemps la raison de cet homme singulier. Voyant que l'obscurité était complète, il mit à la liàte son ballot sur ses épaules et donna une poignée de main à Catherine.
— Il m'est pénible de vous quitter, bonne femme, mais l'heure est venue et il faut que je parte. Ce que je laisse ici vous appartient; c'est peu de chose , mais vous pouvez en tirer parti : adieu, nous nous retrouverons ailleurs.
— En enfer, dit une voii terrible dont le bruit fit retomber sur son siège le colporteur éperdu. Quoi ! monsieur Birch, vous avez une autre pacotille; elle est parfaitement garnie.
— Ke m'avez-vous pas fait assez de mal? s'écria le colporteur avec énergie ; ne vous suffit-il pas d'avoir troublé l'agonie d'un mourant, de m'avoir réduit à la misère. Que voulez-vous de plus ?
— Votre sang, dit l'écorcheur avec une froide méchanceté.
— Et comme Judas, s'écria Harvey, vous voulez vous enrichir du prix du sang.
— C'est un beau prii, cinquante guinées; c'est presque le poids en or de voire vieille carcasse.
— Voilà quinze guinées , dit promptement Catherine ; ces meubles sont à moi et je vous les donnerai si vous accordez une heure d'avance à Harvey Birch.
— Une heure? dit l'écorcheur en regardant l'argent avec convoitise.
— Oui, rien qu'une heure; prenez les guinées.
— Arrêtez, s'écria Harvey, ne vous fiez pas à ce misérable.
— Je le lui permets, dit l'écorcheur, je liens l'argent et je le garde ; quant h vous, monsieur Biich, je supporterai votre insolence par égard pour les cinquante guinées que votre arrestation va me rapporter.
— Allons donc, dit fièrement le colporteur ; conduisez-moi au major Dunwoodie, il me condamnera peut-être, mais il ne me maltraitera pas.
— Il est inutile d'aller si loin ; j'ai d'ailleurs peu de confiance en ce Dunwoodie , qui a laissé échapper plusieurs amis du roi; le détachement du capitaine l.awton est campé à un demi-mille plus près d'ici ; avec sa signature je loucherai la prime tout aussi bien que si je vous livrais au major : n'êtes-vous pas flatté, monsieur Birch, de l'espoir de souper ce soir avec le capitaine La-.vton?
— Piendez-moi mon argent , ou mettez Harvey en liberté , s'écria Catherine alarmée.
— Ce n'est qu'une bagatelle, la vieille, reprit l'écorcheur, mais vous en avez peut-être d'autre dans votre lit.
En prononçant ces mots il enfonça sa baïonnette dans les matelas et prit plaisir à éparpiller la laine dans la chambre.
La femme de charge, dominée par le sentiment de la propriété, perdit de vue son danger personnel.
— Prenez garde, s'écria-telle, je me plaindrai à la justice.
— Bah ! la loi du territoire neutre est la loi du plus fort, votre langue n'est pas aussi longue que ma b.iionnette; girdez-vous donc de la faire entrer en lice , car vous ne seriez pas la plus forte.
La troupe que conduisait l'écorcheur se tenait à la porte. Il y avait dans ses raogs un étranger qui semblait éviter les regards, mais quelques chiffons jetés dans le feu par le chef de la bande produisirent une clarté soudaine et permirent h Harvey d'apercevoir la figure du spéculateur; il devina qu'il avait été la dupe d'un complot et que l'acquéreur de son petit domaine et lit de connivence avec ses persécuteurs. La plainte était inutile; Harvey sortit de la maison d'un pas ferme comme s'il avait marché au triomphe et non au supplice. En traversant la cour, le chef de la bjnde heurta du pied une vieille souche et tomba; il se releva furieux en disant :
— Maudite bûche, il est impossible de marcher par une nuit aussi noire; jetez ce tison sur cet amas de laine, cela nous éclairera.
— Arrêtez , hurla le spéculateur , vous allez mettre le feu à la maison.
— Nous y verrons mieui , dit l'écorcheur en lançant un tison au milieu du combustible.
En un instant tout l'édifice fut en flammes.
— Allons, mes amis, marchons vers les hauteurs pendant que nous avons de la lumière pour nous guider.
— Scélérat, s'écria l'acquéreur exaspéré, est-ce ainsi que l'on me récompense de vous avoir livré le colporteur?
— Si vous voulez nous dire des injures, reprit le chef, vous ferez bien de vous tenir dans l'obscurité ; nous vous voyons trop bien pour vous manquer.
Le spéculateur s'enfuit et eut le bonheur d'échapper à un coup de fusil qu'on lui tira; Catherine, qui se voyait de nouveau réduite à la pauvreté, jugea prudent de battre en retraite. Le lendemain matin, le seul reste de l'habitation du colporteur était l'énorme cheminée dont nous avons déjà parlé.