CHAPITRE PREMIER
Les allusions historiques contenues dans ce récit se rattachent à une période éloignée des annales américaines. Une colonie de réfugies, pieux et dévoués, qui cherchaient un asile contre la persécution religieuse, avait débarqué sur le rocher de Plymoulh. Moins d'un siècle avant l'époque à laquelle commence ce récit, eux et leurs descendants avaient déjà transformé une immense étendue de déserts en champs fertiles, clair-semés de joyeux villages. Les travaux des premiers émigrants s'étaient bornés au défrichement des côtes , qui par leur contact avec leseaux semblaient établir un rapport plus intime entre les colons et le pays de leurs ancêtres où florissait la civilisation.
. Bientôt cependant l'esprit d'aventures, le désir de trouver des terres plus fécondes, les attraits qu'offraient les régions inconnues du nord et de l'ouest, invitèrent les plus hardis à s'enfoncer dans les forêts, en renonçant ainsi à tout ejpoir de communiquer désormais avec ce qu'ils appelaient l'ancien monde.
C'est dans un de ces établissements, sorte d'avant- ■217.
FEMMORE COOPER,
TlunCCTKlv DE LA KliDOLLIÈIlE.
Le puritain Marc Heathcole.
poste de la civilisation en Amérique', que nous voulons transporter en imagination nos lecteurs. Lorsque lord Say, lord Brooke et lord Seal , avec un petit nombre d'associés , obtinrent la concession du territoire qui compose aujourd hui l'Etat de Connecticut, la configuration du continent américain était si peu connue que le roi d'Angleterre, par une patente revêtue de sa signature , les rendit propriétaires d'une contrée qui s'étend depuis l'Atlantique jusqu'à la mer du Sud. Malgré les obstacles presque insurmontables que présentait l'exploitation ou même l'occupation d'une superficie aussi considérable, des émigrants p»rtis de la colonie mère de Massachusetts osèrent entreprendre ce travail d'Hercule quinze ans après avoir mis le pied pour la première fois sur le rocher de Plymouth. On vit bientôt s'élever le fort de Say- Brooke, les villes de Windsor, Hartford, New- Haven. Depuis ce temps la petite communauté, modèle d'ordre et de bon sens, a poursuivi sa tâche avec calme et avec succès. De cette ruche primitive est sorti un essaim de travailleurs industrieui, éclairés, infatigables, et ils se sont
LE COLOn O'AMÉRKXIE.
répandus sur une si vaste surface qu'on pourrait croire qu'ils aspirent encore h la possession dés rcijions comprises dans leurs concessions ori|;inelles.
l'arini les protestants que le découragement ou la persécution avait déterminés h s'exiler volontairement aux colonies, il y avait un assez grand nombre d'hommes remarquables par leur capacité et leur éducation. Les cadets, les militaires, les étudiants, les jeunes gens d'un eanicifcrc insouciant , s'étaient promptcmeut jetés dans les provinces méridionales, oii l'existence de l'esclavage les dispensait de travail et oii la guerre leur pronieltait des émotions, des aventures et de l'avancement. Ceux qui avaient des idées plus graves et des sentiments de piété plus )>rofonds s'étaient établis dans la Nouvelle-Angleterre. Une multitude de propriétaires s'y étaient transportés avec leurs biens et leurs familles, et ils imprimaient aux colonies naissantes ce caractère d'intelligence et d'élévation morale qui ne s'est point démenti. La nature des guerres civiles eu Angleterre avait entraîné dans la carri^re des armes des individus sincinemcnt religieux. Quelques-uns s'étaient retirés aux colonies avant que les troubles des métropoles eussent atteint leur apogée ; d'autres arrivèrent successivement pendant la période révolutionnaire, et la restauration leur donna pour compagnons les nombreux mécontents auxquels la maison des Stuarts était antipatliicpic.
Un soldai austère et fanatique , nomme HcalUcote , fut des premiers à déposer son épée pour entreprendre les opérations que nécessitait Ja transformation d'un pays neuf. Nous ne clierehcrons pas à examiner si la jeunesse de sa femme fut pour quelque chose dans sa détermi-nation; mais, s'il faut en croire les documents d'après lesquels nous écrivons, il dut regarder la paix de son ménage comme mieux assurée dans les solitudes du nouveau monde qu'au milieu des camarades que sa première profession l'obligeait it fréquenter.
Il descendait, ainsi que sa femme, de ces hommes libres du moyen âge qui, en augmentant par degrés la valeur et l'importance de leurs propriétés foncières , étaient parvenus à s'incorporer dans ce qu'on appelle en Eurojie la petite noblesse. Malgré la différence d'âge des deux époux, leur union avait été heureuse , et maintenant que le vieux soldat chrétien avait atteint un pays étranger aux discordes civiles et religieuses, il avait lieu de croire qu'une vie paisible le dédommagerait des dangers et des fatigues de sa jeunesse. Mais le bonheur domestique du capitaine Ilealhcote était condamné à recevoir un coup fatal, et le danger qui le menaçait provenait d'ime circonstance imprévue. Le jour mème oii il arrivait dans un asile depuis si longtemps désiré, sa femme mettait au monde un beau garçon, et elle expirait dans les douleurs de l'enfantement. Le soldat retraité avait vingt ans de plus que celle qui l'avait suivi dans ces régions lointaines. 11 s'était toujours préparé à payer le premier sa dette à la nature , et cette perte lui fut d'autant plus sensible qu'elle était inattendue. Elle augmenta la tournure sérieuse d'un caractère déjà modifié par les discussions théologiques, et de grave et réfléchi il devint par degrés sombre et austère. Toutefois il n'était pas homme à se laisser abattre par les vicissitudes. Sans rien changera sa vie habituelle, il donna à ses voisins l'exemple de la sagesse et du courage ; mais, aigri par le malheur, déçu de toutes ses espérances , il se mit à l'écart, et s'abstint de remplir dans les affaires publiques du petit Etat des fonctions auxquelles sa fortune et ses services passés lui donnaient droit d'aspirer. Il donna à son fils autant d'éducation que le lui permettaient ses ressources et celles de la colonie de Massachusetts. Par une erreur de piété que nous ne chercherons pas à apprécier, il crut donner une preuve de sa résignation à la volonté de la Providence , il fit baptiser publiquement l'enfant sous le nom de Content; lui-même s'appelait Marc, comme la plupart de ses iincètres depuis deux ou trois siècles. A l'époque oit son humilité n'excluait pas les pensées mondaines, il avait même entendu parler d un sir Marc appartenant k sa famille qui avait suivi les drapeaux d'un des rois les plus vaillants de sa terre natale.
11 y a tout lieu de croire que le génie du mal regarda bientôt d'un ceil d'envie l'exemple d ordre et de moralité que les colons de la Nouvelle-Angleterre donnaient ail reste du monde. Des discussions s'élevèrent entre eux, des schismes les divisèrent, et ces hommes qui avaient abandonné ensemble les foyers de leurs ancêtres pour chercher la liberté de conscience, ne tardèrent pas à se séparer afin de n'être pas contrariés dans leurs croyances respectives, par lesquelles ils s'imaginaient se rendre propice le l'ère tout-puissant et miséricordieux de l'univers. Si nous étions chargé d'une tâche théologique, nous pourrions int<Mcaler ici avec quelque succès une dissertation sur la vanité et l'absurdité de l'espèce humaine.
A la suite de ces nouvelles altercations , Marc Ileatheotc crut devoir se séparer de ceux avec lesquels il vivait alors depuis )ilus de vingt ans; il leur annonça qu'il voulait jiour la seconde fois établir ses autels au milieu du désert, afin de jiouvoir adorer Dieu selon ce qui lui paraissait la justice. Cette déclaration faite d'un ton grave produisit une sorte de stupeur. Le respect et l'atlaelicmenl involontaires qu'avaient inspirés il tous les vertus réelles du capitaine cl rinflcxible sévérité de ses principes firent oublier un instant Us querelles dogmatiques. Les anciens de la eolonii: lui parlèrent alfi ctueusemeiit ; mais la voix de II conciliation s'élevait trop tard jiour être entendue. Il écouta avec délcrcnce les raisonnements des ministres ipii étaient venus de
toutes les paroisses voisines ; il prit dévotement part aux prières qu'il» adressèrent au ciel en cette circonstance pour demander à être éclairés'; nuis il avait trop de roideur et d'orgueil spirituel ]iour ouvrir son cccur à cette charité à laquelle devraient tendre surtout les disciples d'une religion douce et consolatrice. (Jn tenta tout ce qu'il était jiossiblc et convenable de faire, mais la résolution de l'opiniàlre sectaire demeura inébranl.ible. Les paroles par lesquelles il termina la conférence méritent d'être rapportées :
— Ma jeunesse, dit-il, s'est passée dans la piété et dans l'ignorance, mais dans mon âge mûr j'ai connu le Seigneur. Depuis ])lus de vingt ans je cherche la vérité. J'ai passé tout ce temps k préparer ma lampe, de peur d'être surpris comme les vierges folles, et maintenant que mes reins sont ceints et que ma course est presque achevée , je reculerais ! je renierais ma foi ! Pour elle , vous le savez , j'ai quitté la demeure terrestre de mes pères; pour elle j'ai affronté les dangers de la terre et des eaux; plutôt que d'y renoncer, je vouerais au désert, s'il plaisait h la Providence , mon bonheur, ma vie et ma postérité !
Le jour du départ fut un jour de douleur sincère et universelle. Malgré la sévérité du vieillard , il avait laissé percer à travers sa rude écorcc des lueurs de bonté qu'il était impossible de méconnaître. Presque tous les jeunes débutants qui fondaient péniblement un établissement d'abord improductif pouvaient se souvenir d'avoir reçu la secrète assistance d'une main que le monde croyait fermée par les calculs prévoyants de l'avarice. Aucun des fidèles des environs ne s'était engagé dans les liens du mariage sans que le capitaine lui prouvât plus efficacement que par de vaincs protestations l'intérêt qu'il prenait au bonheur du nouveau ménage.
Voilà pourquoi tous les habitants d'un âge raisonnable à plusieurs milles à la ronde se trouvèrent groupés autour de ^larc Ileatheotc dans l'importante matinée où les charrettes chargées de ses meubles prirent lentement la route qui menait au bord de la mer. Selon l'usage observé dans toutes les circonstances graves, les adieux furent précédés d'une hymne et d'une prière, puis l'aventurier embrassa ses voisins en essayant de conserver un sang-froid que menaçaient de détruire ses émotions intérieures. Les hôtes de toutes les maisons qui bordaient le chemin étaient sur leurs portes pour échanger avec l'exilé volontaire une dernière bénédiction. Plus d'une fois les hommes qui conduisaient ses attelages reçurent l'ordre de s'arrêter, et les assistants assemblés implorèrent le ciel en faveur de celui qui partait et de ceux qui restaient. On demandait moins les avantages terrestres que la lumière spirituelle, et les vœux qu'on adressait au Seigneur se ressentaient un peu des subtilités théologiques. Après de longs discours, lorsque les langues lurent fatiguées, le vieux voyageur poursuivit sa route, suivi par les personnes dont le sort en ce monde dépendait de sa sagesse et de ses caprices. Ce fut de cette manière caractéristique que l'un des premiers colons du nouveau monde se rejeta dans luie carrière dedangers, de souffrances et de privations.
Les moyens de transport au milieu du dix-septième siècle n'offraient point les mêmes facilités qu'à présent. Les routes étaient nécessairement courtes et eu petit nombre ; les communications par eau étaient lentes, irrégulières et incommodes. Toutefois Marc Ileatheotc les préféra, car une immense barrière de forêts s'étendait entre la baie de Massachusetts d'où il s'éloignait et les rives du Connecticut, où il comptait s'établir. Mais, après avoir atteint la côte, il ne trouva pas immédiatement la possibilité de s'embarquer. 11 fut obligé de séjourner quelque temps parmi les bons habitants de l'étroite péninsule cil existait déjà le germe d'une ville florissante, et où les clochers d'une grande cité dominent actuellement les toits de tant d'habitations. Le fils du capitaine ne quittait pas le lieu de sa naissance avec autant de résignation que son père. 11 y avait dans la ville de Boston inic charmante fille qui lui convenait sous le rapport de l'âge , de la position, de la forlmie, et qui plus est du caractère. L'im.ige de Hulh llarding se confondait depuis longtemps dans les pensées du jeune homme avec les tableaux plus sévères qu'une pieuse éducation lui mettait ordinairement devant les yeux. Aussi, regardant un relard comme favorable à ses voeux , il s'empressa de le mettre à profit. Il fut uni à sa douce fiancée une sen^aine seulement avant le jour où son père s'embarqua pour un second pèlerinage.
Nous n'avons pas à nous arrêter sur les incidents de la traversée. Quoique le génie d'un homme exaordinaire eût découvert le monde qui commençait à se remplir d'une population civilisée , la navigation n'avait pas f.iit de grands progrès. Le passage à travers les écueils do Nantuket inspirait encore de la terreur et présentait des dangers réels. On regardait aussi comme un exploit difficile de remonter lo Connecticut. Mais la prudence , la résolution , la persévérance suppléaient à la science. Nos aventuriers triomphèrent des obstacles sans perte, sinon avec facilité , et vinrent s'arrêter au fort anijlaisde Hartford , où ils se reposèrent ]iendant une saison. Toutefois l'un des points essentiels des doctrines ipie professait le capitaine consistait à se croire obligé de s'écarter encore davantage de la demeure des autres hommes. Escorté de quehpios compagnons dévoués, il partit pour un voyage d'exploration, et à la fin de l'été il se trouva établi dans un domaine qu'il avait adjuis suivant les simples formalités usitées aux colonies, et au i)rix modique dont on payait alors la propriété absolue de terrains considérables.
LE COLON D'AMERIQUE
Le puritain n'était pas complètement détache des choses de la vie, mais il n'uvait pour elles aucun amour e.\a;;éré. Il était sobre par habitude et par principes plutôt que par désir d'arrondir ses richesses. 11 se contenta donc d'une terre dont la beauté et la qualité étaient plus remarquables que l'étendue. Elle était située près des limites septentrionales de la colonie , bien boisée et traversée par des cours d'eau. Avec quelques dépenses et avec ce bon goût qu'une vie d'abnégation n'avait pas cdhiplétement détruit chez le capitaine , il parvint à en faire un séjour qui joignait .i ses charmes rustiques l'avantage inappréciable d'être à l'abri des tentations du monde.
Après s'être ainsi mis en paix avec sa conscience, Marc Heathcote ])assa plusieurs années au milieu d'une sorte de prospérité négative. Les nouvelles d'Europe lui arrivaient quand elles étaient déjà oubliées ailleurs depuis longtemps, et il avait à peine connaissance des désordres et des guerres qui troublaient les autres colonies. Cc|iendunt les bornes des établissements s'étendaient par degrés, et l'on commença à défricher des vallées voisines de celles qu'occupaient les solitaires. A cetle é|ioque , la vieillesse imprimait déjà ses stigmates sur la constitution de fer du capitaine. Les fraîches couleurs que la jeunesse et la santé donnaient à son fils quand il était entre dans les bois faisaient place :>\\\ nuances brunes que produisent lehâlc et le travail. Nous disons le travail , car les habitudes du pays en imposaient l'obligation même aux plus favorisés de la fortune ; et il était impérieusement nécessité par les difficultés journalières de la situation.
J\ulh demeura toujours fraîche et jeune , quoiqu'elle eût eu bientôt à remplir les devoirs de la maternité. Pendant longtemps rien ne put faire regretter aux colons la résolution qu'ils avaient prise et leur inspirer des craintes sérieuses pour l'avenir. Ils apprirent avec autant d'étonnement que de terreur la mort de Charles l", l'interrègne cl la restauration du fils de celui que l'on qualifie assez étrangement de martyr. Marc Heathcote était trop soumis à la volonté de Dieu , aux yeux duquel les couronnes et les sceptres ne sont que de vains hochets, pour s'émouvoir vivement de l'inconstante destinée des monarques. Comme la plupart de ses contemporains , sans être absolument républicain , il soutenait la liberté contre le droit divin ; mais il était demeuré étranger aux passions désordonnées qui amenèrent insensiblement le peuple à méconnaître le prestige du trône et à le souiller de sang. De rares visiteurs amenés par le hasard dans ses domaines lui parlèrent du protecteur, dont la main de fer maîtrisait l'Angleterre ; les yeux du vieillard s'animèrent subitement pendant qu'il les écoutait ; et en méditant après sa prière du soir sur les vicissitudes du monde, il reconnut dans Cromwell un ancien compagnon de sa jeunesse. 11 en conclut que les hommes ne pouvaient placer sûrement leurs affections , et il s'ap]ilaudit avec la modestie convenable d'avoir élevé son tabernacle dans le désert, au lieu d'affaiblir ses chances de gloire éternelle en aspirant aux vaines grandeurs d'ici-bas.
Néanmoins, Ruth elle-même, qui n'avait guère l'esprit d'observation, remarquait que les regards du vieux soldat s'enflammaient , que ses sourcils se fronçaient, que le sang montait à ses joues pâles et ridées, lorsque la conversation tombait sur les luttes sanglantes des guerres civiles. H y avait des instants oii il oubliait , pour ainsi dire , ses préceptes religieux, en expliquant à son fils et à son petit-fils \a manière d attaquer avec succès et de battre en retraite avec honneur. En ces occasions, sa main encore musculeuse s'armait d'une épée, dont il enseignait l'usage au jeune enfant ; et il passa ainsi plusieurs longues soirées d'hiver à lui apprendre indirectement un art qui était eu contradiction si formelle avec les commandements de son divin maître. Cependant il n'oubliait jamais de clore ses instructions par une requête spéciale qu'il intercalait dans sa prière du soir. 11 demandait qu'aucun de ses descendants notât la vie à un être mal préparé à mourir, que pour défendre sa personne et ses droits légitimes. On verra que l'interprélation de ses réserves pouvait exercer la subtilité d'un homme disposé à se battre.
Peu d'occasions s'offrirent, dans ce pays lointain, de mettre en pratique les théories militaires si longuement développées par le vieillard. Les incursions des Indiens n'étaient ]ias rares, mais elles n'excitaient de terreur que dans le sein de Ruth et de son jeune nourrisson. On avait entendu parler quelquefois de voyageurs massacrés, de familles séparées par h captivité ; mais, soit par un heureux hasard , soit par l'excessive prudence des colons de l'extrême frontière, on s'était peu servi du couteau et du tomahawk dans la colonie de Connecticut. La modération et la prévoyance des planteurs avait étouffé , des le principe, une discussion dangereuse avec les Hollandais de la province voisine de New-Netherlands ; et quoiqu'un puissant chef indigène eût con.stamment les yeux fixés sur les colonies de Massachusetts et de Rhode-lsland, la famille de notre émigntnt en était trop éloignée, pour avoir rien à craindre.
Les années se succédèrent paisiblement; le désert disparut lentement autour de la résidence des Heathcote , et ils se trouvèrent enfin en possession d'une aisance aussi complète que le permettait leur isolement.
Après ces explications préliminaires, nous allons commencer un récit moins sommaire et, nous l'espérons, plus intéressant. Peut-être cependant que les hommes dont rimagiiiatiou a besoin d'être excitée
trouveront notre histoire trop intime et la situation de nos personnages trop naturelle.