LETTRE LXXI
BB eOHTLIMBSCT A M. l'aBBB DB BOQUBTTB, SUB 80M OBAISOV
tUBBBBB DU BOI #ACQUB8.
Les premiers embarras de nos États , monsieur, m'ont empécbé non pas d'admirer ni de louer, votre ëloge funèbre du feu roi d'Angleterre , mais de vous rendre compte de mon admiration et de mes louanges; ce retardement ne yous a pas été désavantageux. J'ai recueilli les suffrages de plusieurs prélats connoisséui-s qui sont ici , et qui veulent bien que je joigne leur sentiment au mien. Vous ne pouviez donner un ordre plus convenable à votre sujet ; il ne falloit rien laisser perdre d^une vie illustre dans ses prospérités et plus encore dans ses disgrâces. Vous avez relevé les faits historiques par des expressions nobles , par des peintures vives et par des réflexions chrétiennes. Le portrait du prince est ressemblant partout, et vous y avez mis les couleurs qu'il faut. On ne peut lire le récif de sa mort sans émotion , tant il est éloquent et pathétique ! On voit on roi, on voit un saint ) des douleurs , ses eonsolatioùs , ses paroles , ses sen* timens, tout passe dans le cœur du lecteur, et y répand une tristesse mêlée dé joie que la piété et la dignité du sujet font naître. Enfin, monsieur, vous êtes heureux d'avoir eu une si grande matière à traiter et si digne du ministère évaugéUque» Je prendrai toujours part à votre gloire , et serai ravi de vous témoigner eu toute rencontre la véritable
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estime et la considération particulière arec laquelle je suis, monsieur^ vetne, etc.
Le s décembre 170a.
LETTRE LXXll.
D« riÎTB A VR CCfté, POCR L'lirOO«ftlGB& Q«IlfmB LW$ PftAYtOft»
CAOMÎBft PAR LES TA(EATIQ€BB.
Jb ne manquerai pas de solliciter M. de BasvîHe, monsteur, de vous envoyer les secours dont vous pouvez avoir besoin. Il me promît de cfaercber quelque moyen dé payer votre garde pour le passé, et de vous fournir un dëtachement de tvoupes pour vous garder à l'avenir. Il est ii Uzès ; je Tattoends tous les jours ici , et je renoov^erai mes instances pour vous mettre en sûreté. Jauiais temps ne fut plus raalheu^ rcfux que oeluî-K^i. Les dangers deviennent too}ours plus grunds , et il semble qu'on ait toujours plus de peine à être assisté. Rien ne coûte it ces «célérati pour faire du mal , et tout coûte quand il faut secourir des gens de bien. Ceux qui gouvernent sont bien embarrassés, quelque bonne intention qu'ils aient. Il sort des ennemis de tous c&tés , et il n'y a ni assez de troupes ni assez d'argent pour les réprimer v cependant j'espère qu'on les trouvera, et qu'on délivrera le pays des craintes et des malheoos qu'ils y' causent. Pour ce qui vous regarde, je loue mire courage et celui de vos confrères qui sont av«c vous. J'ai cette confiance en Dieu qu'il vaus-coBsecvera, et
que vous résisterex plus par votre foi elpar vos prière» que par les armes de ceux qui vous dëfendeut de» lions mgissans qui rôdent autour de vous pour vou dévorer. On est actuellement après eux ; les troupe» d'ici et d'ailleurs ont mardié vers Uzès et vers le Saint-^prit, pour tomber sur cette troupe audacieuse que M. de Julien poursuit. Dieu veuille bénir ceux qui combattront pour sa religion , en attendant que M. rintendant vous envoie des troupes » à quoi je travaillerai eiBcacement ! Je vous envoie dix louis d'or dont vous vous servirez pour payer \os soldats» Encouragez toujours votre peuple, confirmez ceux qui se soutiennent, relevez ceux qui tombent, nour* rissez-vous de la parole de Dieu les uns et les autres , et croyez-moi, monsieur, tout à vous, etc.
A rfismes, ce 3 janrier tyoS.