‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 175 sur 292 · LETTRÉ CXXXVII · texte numérisé non relu

LETTRÉ CXXXVII

D« C1V1LITB BT DB ROCT^LLU 8UB tB8 ÂVVAIKS8 VCBLC^tfBS, A M. L^BCinviQUI DB SAKaCOSSB.

Lbs grandes attires q^e noas avons enes ep ce pays -ci, monseigneur, et celleis qui occupent sans doute votre excellence en Aragon m'ont fait passer un asscK long û^rvalle detemps^sans lui renouveler mes profonds respectset mes sincères obéissances. Lorsque -nous pensiops avoir ëteint le feu de la rébellion des fanatiques , et que nous croyions être en repos, des émissaires d'Angleterre et de Savoie sont venus ralluma le flambeau fatal , ont fait rentrer dans le royaume ceux que la crainte des supplices ou les ordres du roi en avoient fait sortir , et ont formé des desseins cruels qui auroient désolé cçtte province et les personnes qui la gouvernent. Dieu , par une protection particulière , fit découvrir la cous-*' piration dans le temps qu'elle alloit éclater. Tous les chefs furent. arrêtés , convaincus, punis, et nous jouissons présentement d'une assez grande tranquillité. Nous apprenons avec douleur les conspirations qui se forment aussi par les factions de quelques grands, qui, suivant les conseils et les projets de l' Admirante, méditent des choses vaines contre le Seigneur et contre son Christ. Nous sommes trop touchés de la gloire de votre nation et de la réputation de fidélité qu'elle s'est acquise » monseigneur, pour

croire que la noblesse et les peoples d'Espagne aient quelque paît k ces mouvemeq» de rébellion. Votre eiccellence a été heureusement choisie pour conte* nir le royaume d'Aragon dans les lofs de Tob^issance, dont elle lui donne les règles et les exemples. Je prie le Seigneur qu'il répande ses bénédictions de douceur et de paix sur tant^e ngliws inqinète* qui s^ëlèvent contre les autres et contre elle^mtémes. Ce* pendant, monseigneur » la campagne ina« pas con^ mencë. Les grands desseins de milorcy^rlborougli ont éfàkàué. M. le maréchal de VilUrs a force les lignes de Yeiaieinbourg» M. le duc àe Vendôme va an de** vant'du prince Eugèîne pour le combattre. Le siège de Chivan se continue , et bientôt celui de Tnriu* L'armée de Flandre est aussi forte- que celle des ennemis. Les mécontens de Hongrie sont plus animés que jamais. Vos troupes sont en quartier de rafraî* chissementy et se fortifient tous les jours , et j'espèi^ que les ennemis de nos rois n auront pas sujet de se réjouir. Vos prières, monseigneur, et tos conseils sont d'un grand secours. Je tous souhaite, pour Thonoear de l'Église et pour le bonheur des peuples que vous gouvernez , une parfaite santé , et suis avec nne profonde vénération , monseigneur, de votre exceUeuost le, etc.

A Niiin^, C4 i 5 juillet i^.

DE ftiCUlEK. i^Q

riE CONSOLAI lOSI CBUBTIE.iHE / A XADAMS OS SBR^r.TCRIiR, SVK L« XOât

!>■ SA FII.LB.

La mort de madame de Florensac, madame, in'a surpris et affligé tout en^mïbte: Je mè cônfiois à son âge et à sa santé , et je ne ctroydis pas c)a*elle dût si tôt nous faire regretter sa perte/ Ifais qu'y a*t*^il de certain et de soKde dans Ja vie? Efeâs !e dessein que Vôa^ aviez de passer le resfte de vd^ jours daps là retraite , Diéii a'p^Dl-iltre vonlu roqipire les seuls liens qtli ponvoient encore voasattacher au monde, et réunir en lui Tafiection xpti vous restoit encore ponr une fille que voua aviez toujours tendrement aimée. Je nt doute pas que vous ne soyez sensibfefÂeiit touchée, et je compatis à votre douleur. Il faut faire au Sei* gneur un sneVifice volontaire des maux inévitables qui nous arrivent , et faire de ses peines une partie de notre pénitence. Ce qui vous doit consoler en cette occasion, c'est la résignation et la patience chrétienne avec laquelle on me mande que madame Votre fille est morte. Il faut nous préparer au même passage par nos bonnes œuvres , et prier Dieu qu'il nous y prépare par sa grftce. Je vous souhaite les consolations qui viennent de Tesprit consolateur, et sais parfaitement, madame, votre, etc.

A Niâmes, ce i5 juillet 1705.

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