LETTRE CLIX
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Si vous avez eu, ma chère fille , quelque consolation dans notre entrevue de Sommières , je n'ai pas eu moins de joie de vous y trouver dans de$ senlimens de religion, d'honneur el de prudence, tels que je vous ai toujours souhaités , et que j'ai toujours reconnus en vous. J'aurois bien voulu avoir un peu plus de temps à vous donner , mais il faut s'en tenir cha-
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cvm à ses devoirs et aux ordres de la Providence. U y a deux sortes de tribulations dans la vie : Tune des maux qu^on souffre, l'autre des biens dont on est privé. Cette dernière n*est guère moins sensible que la preimère ; il faut pourtant s y accoutumer pour son repos. Vous avez eu le plaisir de voir madame de N... et de lui déclarer, comme à une sage et fidèle amie , la situation de vos affaires , et des projets que vous avez £aits. Nous nous ensommes entretenus avant son départ , et nous sommes convenus que vous étiez à plaindre , jiKqu*4 ce que Dieu rompit vos liens , et vous Ht trouver dans l'exécution de sa sainte volonté le repos que vous espérez. Nous somme$*occupés ici de visites, de complimens, de cérémonies et autres inutilités qui sont devenues des bienséances nécessaires. Priez le Seigneur qu'il nous sanctifie , et croyez que personne ne s'intéresse plus véritablement à tout ce qui regarda votre satisfaction et votre salut , et ne peut être plus cordialement que je le suis , ma chère fille , votre , etc.
A Montpellier , ce ag norembrc 1 706.