LETTRE CLXXI
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Je m'étois toujours bien attendu, monsieur, que vous feriez parler de vous; mais je ne croyois pas que ce fût ni si promptement ni si hautement. A peine étes-vous arrivé que vous avez entrepris une affaire qu^on n'avoit guère osé tenter , et qu'on avoit quelquefois vainement tentée. Il n'y a point de barrière si impénétrable que vous ne forciez, et T Allemagne a beau vous opposer des rivières et des lignes qui semblent la mettre à couvert de toutes les forces étrangères, vous passez tout, vous forcez tout dès l'entrée de la campagne. On vous craint, on fuit devant vous. Soldats, officiers, généraux , se sauvent comme ils peuvent , et vous finissez une grande action sans aucune perte. Vous voilà donc, monsieur, à Rastadt dans le palais du feu prince de Bade , ou , pour mieux dire , dans le vôtre , bien tranquille et bien à votre aise , prêt à vous promener dans le Wur-
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temberg, et peut-être h passer jusqu'aux rives du Danube pour aller abattre la superbe pyramide d'flochstett, et remettre les marques de votre ancienne victoire peut-être par une nouvelle. Le roi de Suède n*a qu'à marcher, vous lui avez aplani les voies s'il veut rétablir ses cousins. J'espère que les suites de cet heureux commencement seront glorieuses. Je vous en félicite par avance par l'intérêt sincère que je prends à tout ce qui vous regarde, et par rattachement et le respect particulier avec lequel je suis , monsieur, votre, etc.
A Triâmes, ce 3 juio 1707.