LETTRE CLXXII
DK CIVILITÉ A M. GOr(TBlBRI , ▲ftCOkVBQVB D^àVIGZVOS.
MoNSEIGNEUB,
Depuis ces heureux jours que j'ai eu l'honneur de passer avec votre excellence , je sais qu'elle a fait quelques petits voyages dans ses terres. J'en ai fait quelqu'un aussi à Montpellier pour aller dire adieu à madame la duchesse de Roquelaure, qui a bien voulu me venir voir depuis à Caveirac. J'appris avec plaisir, monseigneur, de vos nouvelles par deux dames qui passèrent ici pour aller prendre les bains de Balaruc. Elles se trouvèrent en grand danger d'être mal logées, mal noui^ies, mal couchées, mauvais préparatifs pour les remèdes qu'elles vont faire, et pour la santé qu'elles vont chercher. Sur la lettre
DE FLÉCHIER. 24l
qne vous leur avez accordée, et sur Thonneur de votre amitié dont elles se sentent forthonorées, elles auroient du venir descendre cbez moi. Avec de tels passeports qu'avoient-elles à craindre et à ménager ? Je fus assez heureux pour les tirer à peu près de la misère où elles étoient. Elles vous divertiront , monseigneur, du récit de leurs premières aventures. Je les attends à leur retour , persuadé qu*élles en auront d'autres toutes agréables à vous raconter. J'ai reçu la lettre de votre excellence au sujet de votre vassal de Saint ^-I^aurens des Arbres; il ne parle point de son engageinent que nous n'aurions pas beaucoup de peine à rompre , si les choses sont comme il les dit , mais il se trouve redevable de bien des procédures. Je lui ai dit de venir à moi quand il faudra parler et agir pour lui... J'ai été fort en peine de vos fluxions ] elles ont sans doute passé. J'embrasse de tout mon cœur le petit aimable neveu , et j'assure de mes respects M* le comte Gros et toute votre compagnie. M. l'abbé de N... assurera aussi votre excellence de l'attachement sincère et de la parfaite vénération avec laquelle je suis, monseigneur, de votre excellence , le , etc.
A Nismet, ce lo juin 1707.
l^l LETTRES
LETTRE CLXXIIL
Dl GITILITiy AU HiHB.
WoirSEIGKEUR,
Vos dames ont fait leur voyage , sous les auspices de- votre excellence, assez agrëablem'eni, ce me semble. On les a reçues partout comme des personnes que vous honorez de votre • estime méritoient de l'être. Elles joignent k beaucoup d*esprit beaucoup de douceur et de politesse , et sont les dignes ouailles d'un tel pasteur. Je ne sais si elles ont . eu toute la satisfaction qu'elles espëroient des eaux qu'elles étoient allées chercher j mais il parott qu'elles en rapportent une bonne santë. Je reconnoîs , monseigneur, la grâce que vous m'avez faite de me procurer leur connoissancei Elles auront le plaisir de vous raconter agréablement leurs aventures toutes agréables; mais, sachant la bonté que vous avez pour moi ^ et, ayant bien connu rattachement et le respect que j*ai pour vous , elles aurpnt bien soin de vous dire que personne n'honore plus parfaitement votre mérite , et n'est avec plus de vénération , monseigneur , de votre excellence , le , etc.
A niimes, ce 17 juin 1707.
DK FLÉCHIER. ^43