LETTRE CLXXXIV
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On m'a rendu soigneusement, monsieur, un exemplaire de la belle dissertation que vous avez faite sur les oraisons funèbres. Elle est remplie de pieux enseî* gneroens , et de réflexions judicieuses . qui ramènent cette espèce d'éloquence à son véritable point, qui est la religion et la raison dont elle sortait quelquefois. Vous avez fort bien raisonné sur les règles qu'il faut observer, et sur les qualités qu'il faut avoir pour se soutenir dans ces éloges singuliers où l'on veut honorer les morts , édifier les vivans et rendre à Diea comme un tribut des louanges et des fragilités humaines. Si j'avois encore été dans, ces sortes d'occupations, j'aurois été fâché que vous eussiez ainsi décou-» vert tous les secrets de notre art. Je dis notre art , car vous l'avez fort noblement exercé , et vous pouviez bien , au lien des exemples que vous avez cités de nos ouvrages, en mettre raisonnablement des vôtres. Vous avez suivi votre modestie et votre amitié dans
celte disserUlioa* Jq Fai lue avec plaisir et avec pudeur, et je ne puis vous dire combien j'ai été touché des marques de tendresse et d'estime que vous y avez répandues sur mou sujet. Je vous prie de me les conserver , et de croire que personne ne souhaite plus de vous voir en Tétat où votre mérite vous devoit avoir mis il y a long-temps, et n'est plus parfaitement que je le suis , monsieur , votre , etc.
A ^ismes , ce a8 octpbre 1707.