AVIS
Les lettres françoiscs qui sairent sVtant trouTëes mds date d*aiinée , et la plapart ne reofermant ancans faits qui aient pu leor servir dVpoque certaine , Ton n*a pu mettre cet lettre» dans an meilleur ordre qu^en laissant de svite celks qai sont adreasÀïS à une même personne.
LETTRE CCXXIX.
BB CIVIllTB ET DS BSMZlLctlItRT A M. BBKOtr , ACBITKCB DE BOTE.
Jfi VOUS rends très-humbles grâces, monsieur , de la bonté que vous avez de m'offrir de me loger dans voire maison , si mes affaires me permettent de faire le voyage d'Avignon. Il est vrai que j*aî souvent pris la résolution d'aller voir ce qui me reste de parens et d'amis dans la province , et de passer quelques mois dans mon pays , après en avoir été éloigné durant tant d'années. Je n'ai jamais trouvé de conjoncture favorable , et j'ai toujours été obligé de remettre la partie à un autre temps. Je n'espère pas que je puisse être plus heureux cet été. Monseigneur le dauphin marche avec la reine vers la frontière , et je doute fort que je puisse quitter la cour. Ainsi , monsieur , je vous remercie très*humblement des offices
DE FLÉGAIER. 3o3
obligeantes que voas me faites. Je sais bien qae je ne trouverois nulle part ni plus de civilité , ni plus de bovté que chez vous ; aussi ne serois-je point ailleurs ni plus agréablement , ni plus volontiers. Mais ma destinée m'attache encore ici , et je ne crois pas trou* ver de cette iinnée le peu de temps que j'avois destiné à ce voyage, où Tun de mes plus grands plaisirs seroit de vous embrasser et de vous assurer qu'il n'y a personne au monde qui sok avec plus de zèle et de passion , v<itre , etc.
A Paris, ce 3i mars.
LETTRE CCXXX.
Dt OIVILITBy AU uàuE,
Jë vous rends mille grâces , monsieur, du soin que vous avez pris de faire la distribution des livres que j'avois pris la liberté de vous adresser, et de la bonté que vous avez eue de rendre à mademoiselle de Montauban la lettre de M. de Montausier. Je lui ai montré la vôtre pour lui faire voir la foiblesse où Tâge réduit cette bonne femme , afin qu'il ne s'étonnât pas de la méprise qu'il avoit faite , et qu'il ne soupçonnât pas qu'il y eut de la fraude. Cependant comme madame de Doissans lui a écrit deux lettres pleines de ressentiment, dont il a été piqué , et que je crains que la lettre qu'il écrit à cette dame ne soit un peu forte , je vous prie d'avoir la bonté de la lui rendre , en soste qu'elle ne tombe pas en d'autres mains que
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les siennes. Je reçus il y a quelque temps une de vos lettres pour M. Cramoisy, que je lui envoyai d'abord de Saint-Germain ; et f comme je lui ai écrit d'ici qu il iit:tout ce qae vous souhaitiez très-promptement, il m'a répondu qu'il ne sesouvenoit pas de l'avoir reçue. Si j'étois à Paris on à Saint-Germain , j'enverrois faire un éclaircissement là-dessm ^ mais , parce que nous sommes encore ici pourplus d'un mois , je vous prie d'avoir la bonté d'écnre encore une fois à M. Cramoisy vos volontés , et je les lui ferai savoir. Je n'ai pas eu le temps de m'arréter à Paiîs pour vous envoyer la suite du journal que vous m'aviez demandé; à la première occasion après. notre retour, je m'en souviendrai. Je vous prie de témoigner à M. de Salvador que le petit présent que je lui ai fait ne méritoit pas les remercîmens qu'il a eu la bonté de me faire; que je lui suis obligé de la manière honnête avec laquelle il l'a reçu^ et que je serois heureux^ j'avois quelque chose de plus précieux à lui offrir. Faites-moi la grâce aussi d'assurer tous mes parens et amis de mes très-humbles services, et de croire que vous n'avez personne qui soit avec plus d'affection et de sincérité que je suis , monsieur , votre, etc.
A FonUiucbleau , ce 99 mai.
DE FLÉCHtER. 3o5
LETTRE CCXXXI.
DE CIVILITÉ , AU vImS.
Il n'est pas vrai , monsieur , que j'aie étë nommé ai rëvéchë de Toulon , ef'le bruit que vous Hites qui en a couru dans TOtre ville n'a aucun fondement , sinon la bonne opinion qu'on y a peut-être de moi. Je vous suis oblige des souhaits que vous faites pour moi là- dessus. Je suis plus tranquille que vous ne sauriez croire, et je me trouve si bien où je suis que je crains presque ce que mes amis me souhaitent. Je vous prie d'assurer M. le vice - lëgat de mes trèshumbles respects. Je ne manquerai pas de lui envoyer les feuilles du journal des Savans , tous les mois , à mesure qu'elles paroitront. Je n'ai pu envoyer à Paris depuis que j'ai reçu votre lettre ; je ne laisserai pas de mettre éans ce paquet les feuilles du mois de janvier que l'auteur.m'avoit données, et que vous me ferez la grâce de présenter à son excellence. Si les autres n'ont pas plus d'étendue que celles-ci , je pourrai les envoyer par la poste , afin que vous les receviez plus tôt. C'est une affaire de si peu de conséquence que la dépense que je ferai pour cela, que je prie son excellence de n'en être point en peine. Je voudrois trouver quelque occasion plus considérable de lui témoigner la passion que j'ai po«r son service. Les gens d'affaires de M. de Montausier ne sont pas ici présentement.; ainsi je ne sais si on a payé régulièrement mademoiselle de Montauri , tante de M. le
lo. ao
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baron d'Oissan. Je vous en rendrai compte au premier jour. Je voas> j>rie cependant de faire rendre cette lettre à un père qui est confesseur de cette bonne femme. On ne sait pas Tordre dont il est , ainsi on ne peut pas la lui adresser directement. Par son titre je^uge quil doit être carme déchaussé. Jeyous demande pardon de toutes les peines que je vous donne, et suis , monsieur, etc.
A Versailks, ce iSfëTiier.