LETTRÉ CCXXVI
DE CIVILITE ET AB PIÊTB A M. LE PBLLEtlBE POUB LE COIIMB9ICBMB!«T
DE L^AKXBE.
Pabmi tous les embarras, monsieur, où nous nous trouvons ici au sujet des afiaires de la province , qui sont à peu près comme celles dn royaume , nous ne laissons pas de trouver quelques bons momens, M. de Basville et moi , et ce sont ceux où nous parlons de vous. Nous repassons les diffërens états de votre vie, et nous ne croyons pas que vous ayez sujet de regretter les ^ins que vous avez pris pour le public et pour votre famille, qu'on a regardés de tout temps comme les plus nobles devoirs et les premières espèces de charité des pères et des citoyens. Nous louons les miséricordes de Dieu sur vous de vous avoir tiré des emplois difficiles et dangereux , et de vous avoir mis dans le port avant le temps dé confusion let de trouble. Je vous avoue que nous vous envions quelquefois la douceur de votre retraite.
Je ne manquerai pas de faire votre représentation à ce digne magistrat, au sujet de ses derniers discours à Touverture de nos états. Il écrivit h monsieur son
3oO LETTRES
Deyeu de vous les communiquer ainsi que faisoit monsieur son frère ^ ce que-je crois déjà exécuté.
Comme nos années , à mesure que nous vieillissons , nous doivent être plus précieuses , et qu'assurés de mourir bientôt nous sommes plus pressés de bien vivre , je vous souhaite pour cette prochaine année des bénédictions du ciel plus abondantes, et suis avec un plus parfait attachement, monMcar, votre , etc.
A Montpellier, ce 99 dëcembre 1709.
LETTRE CCXXVII.
COMPLIMBHT CHRÉTIBSI A H. GORTBiBmi , ABCHBTBQOB oVviGBOSy POUB LE CÔHMBXICBaBKT DB l\hRBB.
JMLoNSElGNBUR,
Je vous souhaite cette nouvelle année mille béoédictions spirituelles , telles que je dois vous les souhaiter ; et mille bénédictions temporelles , telles que les pauvres vous les souhaitent. Votre charité se fortifie tous les jours ^ vous Texercez par vos aumônes, vous la persuadez par vos discours et par votre lettre |>astorale où vous ramenez les ecclésiastiques à Tori' gine et à Tadministration primitive de leurs biens. Si chacun avoit un cœur comme le vôtre, il y aaroit fort peu de besoins sans secours. Les traitans de la contrebande sont devenus sourds à nos prières trop souvent réitérées. Nous avons lassé leur patience , et ils ont lassé notre chanté. M. Rousset vient de me
DE FtÉGHIER. 3oi
rendre la lettre de votre excelleace, et s'est incontinent retire. 11 fera tout ce qu'il voudra de moi , quand il me parlera de votre part , parce que personne n'est avec plus de respect et de soumission que moi, monseigneur, de votre excellence, le , etc.
A Montpellier, ce i*' janTier 1710.
LETTRE CCXXVHI.
COaPLlXERT CUASTIEif A MARAMB D« C... VCflti LB COUXBKBMBlfT
DE l\kA'3B<
On n'a qu'à vous souhaiter des années, madame , on est assure qu'elles commencent, qu'elles finissent et qu'elles se passent heureusement, je veux dire dans une suite continuelle de bonnes œuvres ; vous usez du temps et de la santé que Dieu vous donne d'une manière à vous en attirer la continuation. M. Tévéque d'Âgatopolis que j'alteudois ici n'y passera peut-être pas. 11 m'a envoyé votre lettre , et m'a fait commencer celte année plus agréablement que je ne pensois... Nous sommes ici tenans les états de la province de Languedoc entre les demandes du roi , les besoins du royaume et les misères des peuples. Il est assez difficile de satisfaire à des devoirs si différens, et à concilier les désirs avec la puissance. Tous nos vœux doivent tendre à prier le Seigneur qu'il veuille bientôt donner la paix au monde, afin que nous le servions plus tranquillement. Je vous demandé toujours quelque part dans vos prières , et
3o;X LETTRES
je vous assure que personne ne vous honore plu», e( n'est plus parfaitemeut que moi, madame , votre, etc.
A M«olpelUer,Ge lo janvier 1710.