‹ Œuvres complètes de Fléchier, avec une notice du discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de ce célèbre orateurChapitre 283 sur 292 · LES ARÈNES · texte numérisé non relu

LES ARÈNES

L'AMPHiTBiATRB de Nismes est unmoonment dUghe de la grftDdeur romaine. On l'appelle volgairaneDl les arènes y à causeido sable dont le sol de Tamphithëâtse ëtoit coarert pour la' commodité des gIadîa-> teurs. Il est de ^gure ovale , el a cinquante-deux toises de largeur sur soixante-sept de loDgaeiir bon d'oeuvre.

Deux étages de portiques ouverts par le dehors tn aoixanle arcs doubleaux chacun faisoient Iç tonr de Tamphithëâtre , dont le dehors est oraé d'one archi* tecture extrêmement régulière d'un fort bel ordre toscan; le bas étage dé ces poilîques ouverts est en partie comblé et en partie fermé par les maisons vd^ sines.

Il y avoit quatre maîtresses -portes \ la priri<îpa)è étoit celle do côté d'occident, au^easos de laquelle paroissent deux figures de taureau qui ont une grande saillie, et qui, selon qnelques-tBis ^ n'étoient qu'un ample ornement, sdlon d'autres, Itiçymbole ordinaire des colonies , ou le symbole particulier ^Auguste , fondateur de celle de Nlnnes. Du côté du palais on voit deux gladiateurs en bas- relief , repréientation convenable à Fami^Aéltre. Sur un pilastre, des oiseaux qu jou croit être de» vautours que Remus et ^muhis consultèrent ; et sur v» autre « la looc?e «qi

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allaite ces deux jiyAeaiix; on p«u plus )mx\ sij^ dbs «iguradePriapc.

Au tùilien, de ca saperbe édifice il j avoit ok aire ou place couverte de sable oà se faisaient les jeux et tes spedacles publics. Onr y avoit, selon lOtttea les apparence^ , dresaé un autel , les Romains ay abt accouionié de dédier, les aimplviih^âlres qu k Diane oa à. Jupiter Laiiari», aotr^meutydit-oa, à Satorne, et (d y mettre un aulel ponr «le sacrifice. .

Cette place ^toit environnée ^ooû nmmlle de donzç ou quinze ^pitâs de bsiuteqr , qmùl il y ayoit des portçs par lesquelles on faisoit entcer les bétes destinées pour les spectacles*

Les spectacles étoient des combats d'homme i homme , de béte à béte , et d'hooMne à béte. Les gladiateurs, y combattoient avec Tépée , atec le âet et divers autres iostmoieas ; on y fsAsoit des courses à pied et à cheval ^ on y représentoît des comédies et ées tragédies , et autres Jeux scéniques ; on y luttoit, on y faisoit des cooibats à ebeval, on y faisoit des naumachies, à^^qu'ouprétead^ en remplissant Tarfene d^eau.

. La muraille qui fpvironnoit Farène étoit poos empêcher les bêtes ^e monter contre les spectatencs ; et, pour pj^s de précaution, on couv/oit cette murailk d'un filet gros et épais a^^ des pièces et bois ea pointe qui empéchoient les bétes de monter.

Pour voir les spectacles, il y avoit trente rangées d'escaliers Tun sur Tautre , assez hauts pour que roa pût sV asseoir commodément, et assez larges poer

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HISTORIQUE. 4o*

qde les pieds de ceux qui ëtoient assis sur Tescalier supérieur ne pussent pas incommoder ceux qui ëtoient assis au-dessous. Vingt mille hommes pouvoient -s*y placer fort commodément.

Au-dessus de la muraille qui environnoit Tarène s'avançoit une espèce de galerie avec des balustres assez larges pour y mettre le siège des lAagistrats qui avoient leur place dans cet endroit , de même que les vestales et les prêtres et ceux qui donnoient les jeux publics; cet endroit s'appeloît pac2mm ou orchestre. Les escaliers qui sent au-dessus étoient destinés po«r les chevaliers romains , les autres étoient pour le peuple.

Il y avoit quatre-vingt-quatre portes pour s'aller placer sur ee$ escaliers, dont quelques-uns, d'espace en espace, étoient beaucoup plus larges que les autres, et faisoient comme un chemin pour donner lieu à chacun de passer à ces places. On appeloit cela prœcinctiones.

11 y avoit plusieurs galeries les unes sur les autres, et plusieurs beaux degrés pour monter à ces galeries, et passer onsuile par les portes qui conduisoient aux escabers*.

Ces escaliers étoient faits un peu en penchant , afin que les eaux pluviales tombassent plus facilement.

Sur la plus haute corniche un couronnement règne tout autour, composé de pilastres portant cette corniche, le toot en forme d*attique. Autour de cet attique il y a , d'espace en espace , des consoles percées à jour, où Ton mettoit des bigues qui servoient à

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arrêter les cordages destinés à supporter les tentes de diverses couleurs pour défendre les spectaleonde raideur du soleil ; et souvent celui qui donooit b jeux fournissoit aux personnes plus considérables des parasols UmbeUas, ou des chapeaux dont Tusage H ^toit pas commun.

Les quartiiBrs de pierre qui composent cet édifice sont d'une grosseur extraordinaire. Tontes les pierre» qui sont posées au même niveau sont de même haoteur^ on Va employé ni mortier ui ciment poQrie> lier ensemble. L'exactitude des oujrriers à cooper les pierres, à les tailler et à les polir par le dedans biea mieux qu'elles ne le sont par le dehors, a supplééio cimenti Presqiie toutes les plates - bandes qui cotivrent les ouvertures intérieures des portiques oot quinze à seize pieds de long.

, L'histoire ne donne aucune connoissance précise ui du temps de la construction de cet ampbitbéâtrf . ni du nom de celui qui l'a fait construire : quelque uns veulent que ce soit Agrippa du temps d'Augu^^ pour illustrer sa nouvelle cplonie , mais sans îqxà^ ment \ d'autres ont cru que c'étoit Adrien qui ^'^' sacra ce lieu et les spectacles qu'on y domioit à l'i mémoire dia Piotine; mais je me persuade plosai$<' ment que c'est l'empereur Antonin le Pieui, originaire de cette ville ^ qui voulut laisser celte mt^ d'honneur et.de reconnoissance ^ sa patrie.

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