LETTRE XXI
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Je reçus peu de temps après mon arrivée à Paris
la lettre que vous me fîtes la grâce de m'écrire, mon
révérend père , au sujet de mon histoire du cardinal
Xîmenès. Je vous avoue que je suis bien aise de vous
retrouver après tant d'années , et de savoir que c'étoit
vous qui m'aviez inspiré le dessein d'entreprendre un
ouvrage qui contient de si grands exemples, et où je
trouvois la gloire de Dieu , en satisfaisant ia curiosité 10. 3
même des hommes. Je vous pardonne les petites tromperies que vous avez faites pour m'engager à ce travail dans un temps où je n'avois que des occupations volontaires , et où j'ëtois maitre de mon loisir. S'il est vrai , comme vous le dites, que ce livre ait eu quelque succès dans le monde , vous pouvez vous en attribuer une partie. Vous m^en avez fourni les premières matières , et vous avez quelque droit de vous intéresser à sa réputation , puisque vous avez part à sa naissance. C'est pour cela que vous avez sujet de craindre qu'il n'entre on peu d'amour-propre dans l'approbation que vous me donnez. Quoi qu'il en soit, je vous en suis obligé , et je voudrois pouvoir vous donner des marques de l'estime et de la considération que j'ai pour vous. Je répondis"^ votre lettre dans le temps que nous tenions notre assemblée du clergé à Saint-Germain-en-Laye ; mais je crains que ma réponse ne soit pas allée jusqu'à vous ^ et je ne veux pas partir de Paris sans vous assurer que je suis véritablement et avec affection , mon révérend père , votre, etc.
A Paris, ce oo noyembre 1695.