‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 10 sur 125 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Et presse le bercement

Si charmant Qui lui livre sa maîtresse.

Elle a son seul point d'appui

Contre lui, Qui touche ce que dérobe L'écharpe qu'un vent mutin

Du matin Fait flotter avec la robe.

Leurs beaux cheveux envolés

Sont mêlés; Ils vont, rasant les fleurettes

De leurs jeunes pieds unis;

Et les nids, Là-haut, sont pleins de fauvettes.

— Un baiser sur tes cheveux,

Je le veux !

Et je veux que tu le veuilles.

— Non, berger, car les grimpants

yEgipans Sont là, cachés sous les feuilles,

rolftit. — II.

18 LE CAHIER ROCGE.

— Un baiser — qu'il soit moins prompt!

Sur ton fronts Sur ta bouche qui m'attire !

— Non, berger. N>nlends-tu pas

Que là-bas Déjà ricane un satyre?

Ainsi ringénue enfant

Se défend Et veut détourner la tète; Mais, pour augmenter sa peur.

Le trompeur Fait voler l'escarpolette ;

Et craintive, et s'attachant

Au méchant Qui lâchement en profite, La vierge au regard divin

Bien en vain L'adjure d'aller moins vite.

Mais déjà le bercement

Lentement S'affaiblit et diminue.

LE PRINTEMPS. i9

Les enfants se sont assez

Balancés, Mais leur baiser continue.

Où ce jeu les mène-t-il?

Très subtil Est Eros, riveur de chaînes, El, dans le taillis en paix,

Très épais Le gazon au pied des chênes.

Sur Técorce des rameaux

En deux mois Plus d'une idylle est écrile.

Et, sous les myrles de Co5,

Les échos Savent par cœur Théocrile.

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