‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 62 sur 125 · LA HONTE · texte numérisé non relu

LA HONTE

Et fit signe à la femme, en lui disant : c Suis-moi ! » Et, lorsqu'il eut conduit la courtisane vile Sur le port, au moment où les gens de la ville Regardaient le soleil dans la mer s'engloutir Et les vaisseaux entrer dans la rade de Tyr : € Arrt^tons-nous, — dit-il à la fille perverse, — Afin que sur-le-champ j'aie avec toi commerce. >

La femme — elle expia tous ses pi'îchés depuis — Dit alors :

f Es-tu fou, vieillard? Je ne le puis Au milieu de ce peuple et devant tant de monde. »

Mais Éphrem s'écria :

€ Si ton iHat immonde Te fait rougir devant les hommes, en ce lieu, Que ne rougis-tu donc, ô femme, devant Dieu, Dont le regard connaît toute chose cachée? »

Et, par cette parole ayant Tàme touchée.

Confuse, elle s'enfuit; et, depuis ce moment, Elle fit pénitence et vécut saintement.

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