‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 3)Chapitre 83 sur 125 · MORT DU GÉNÉRAL WALHIBERT · texte numérisé non relu

MORT DU GÉNÉRAL WALHIBERT

Nos petits fantassins, en colonne serrée, S'avançaient lentement, commandés par Suchet; Et, dans cet ouragan formidable, on marchait : — Car, pour vaincre, il fallait prendre cette bourgade.

Ce fut à Walhubert d'enlever sa brigade, A Walhubert, à qui l'Empereur a souri !

c En avant ! » commanda le héros.

A ce cri, D*un effort furieux ses bataillons partirent; Et par un feu nourri les Russes répondirent; El comme Walhubert, joyeux, caracolait.

Poitrine au vent et sabre h la main, un boulet Le jeta sur le sol, la cuisse fracassée.

La colonne d'attaque était trop bien lancée : Elle ne cessa pas pour si peu de courir.

Mais, comme des soldats venaient le secourir, L'intrépide blessé les écarta d'un signe, Et dit sévèrement :

c Eh bien ! Et la consigne !

Qu'on me prenne un drapeau russe pour mon linceul !... Grenadiers, à vos rangs!... Je peux mourir tout seul !... >

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