L'ANNEAU
Lorsque des anciens morts on trouble le repos. Qu'on soulève le marbre effrité des tombeaux,
Qu'au sépulcre on ose descendre, Et qu'on viole, après un travail dur et long, Le funèbre secret des vieux cercueils de plomb,
On n'y trouve que de la cendre.
Plus trace d'ossements, plus trace de linceul. L'implacable néant a tout dévoré, seul.
Comme une bête carnassière.
Lentement, lentement, tout s'est décompoâé; |je squelette lui-même à la fin s'est usé :
Rien, plus rien qu'un peu de poussière !
Pourtant, en la fouillant du bout de son soulier, Parfois, le fossoyeur voit un objet briller
Parmi cette cendre incolore :
<:'e::t l'anneau que le mort jadis eut à son doigt, Kt qui, métal fidèle et pur, comme il le doit,
Demeure intact et brille encore.
Dans ces jours de chagrin où je hais le soleil, H me semble souvent que mon cœur est pareil
A ces antiques sépultures, Et qu'on n'y peut plus rien désormais découvrir Des mille sentiments qui l'ont tant fait souffrii
Par leurs cruelles impostures.
i'.c n'e:^t plus que néant, que ténèbres, qu'oubb ; Kt ce lombeau, d'un peu de froide cendre empli.
M'en offre le parfait modèle ; Mais l'ipil de ma pensée y voit briller oncor, ("omme, au fond de l'ancien sépulcre, l'anneau d'or.
Ton souvenir tendre et fidèle.