‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 45 sur 79 · BILLET · texte numérisé non relu

BILLET

Chérie, un excellent poète a dit un jour :

c Le meilleur du voyage est encor le retour. >

A coup sûr, j'ai passé de bien bonnes journées

Dans ce recoin perdu des vieilles Pyrénées.

Au petit trot léger d'un cheval béarnais,

J'ai couru ce beau val d'Ossau que tu connais;

J'ai revu les hameaux avec leurs toits d'ardoise,

Les grands monts verdoyants sous un ciel de turquoise,

Et le haut pic de Ger, au soleil tout roussi.

Regardant par-dessus l'épaule du Gourzi.

Tu sais que c'est charmant de trotter près du Gave

Qui bondit en chantant sur les pierres qu'il lave.

D'aspirer cet air pur et de jeter des sous

Aux enfanU t-n haiil'.in? qai wiureiil devan: v,.ur.

Leur* saLots à 1a maiû, pied> iiu>, lia'j* la ]iiiu>>iv.-'';

El tu Taimej au5?i, la source bo?ji!i,aJi''!T

li'ijù je TÎeOï. ayant ba la vie, H i*^ ]h'uiij-iii>

Endurcie p<:<ar l'hiver au f .n k-u-T,^ J-^ ni'n:>.

Oui ! j'ai passé Ià-ba5 de trc? bon? j.''ur>: mai* J'hcure

['u départ, crois-le biea, fut pc-ar ni'ù la itieiljeure.

Monts géants, gaves purs, beaui ariiref, ci-l d'ê:ê.

En qaittant tout cela, je n'ai rien reirellé !

Car là-bas, bien plus loin que les ccilline? bleu-.-f.

Tout là-bas, dans le Nord, à plus de dfuï [■ent?lieue>.

Je savais que j'allais relrouver ton amour;

El, quand je suis monté, vois-tu, par un be^u joui

Ile septembre, aui fraîcheurs déjà presque autoinnaIe>,

l>ans l'antique landau tout alourdi de malles.

Et lorsque le cocher a fait claquer son fouet.

Vers toi, mou cher amour, tout mon cœur rediiitii.

<«ir j'allais te revoir; car le vent de la plaine

D'avance m'apportait dans sa suave haleine

Ton baiser du retour qui sera si joyeux,

Et le grand ciel avait la couleur de les vous.

Tout semblait me parler de toi dans la nature;

El, lorsque les chevaux de la vieille voiture

Secouaient les harnais de cuir sur leurs garrol>.

Ta joie en m'espérant riait dans les grelots.

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