‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 55 sur 79 · L'AVEU · texte numérisé non relu

L'AVEU

Tu n'as pas loujoui^ été sage, Toi dont le cœur bat sur mon bras.

Pour plus d'un amant de passage, Tu souris et tu soupiras.

D'une voix honteuse et farouche Tu me Tas dit, par un soir bleu ; Mais ma bouche a fermé ta bouclie Que purifiait ton aveu.

234 ARKIÈRE-SAISON.

J'avais prévu la confidence, J'avais deviné ton roman, Fille du peuple sans prudence Et qui n'avais plus de maman.

En Mai, sous le maigre feuillage, Chantaient les moineaux de faubourgs.

N'est-ce pas? le vague ennui, l'âge?...

Je connais ces tristes amours.

Mais le cœur sur qui tu te serres.

Ayant souffert, sait excuser; Et je vois dans tes yeux sincères Que j'ai ton vrai premier baiser.

De nous deux, c'est toi la meilleure.

Puisque tu sais aimer le mieux ; Regarde, mon enfant, je pleure, Moi si blasé, moi déjà vieux!

Par la tendre et simple manière Dont tu m'avouas ton passé.

Je te dois ma larme dernière.

Et par elle, il est ef!acé.

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