‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 68 sur 79 · DÉSIR DE GLOIRE · texte numérisé non relu

DÉSIR DE GLOIRE

J'ai vu des bardes surannées Dans la boutique d'un fripier ; Telle sera, dans peu d'années, Ma pauvre gloire de papier.

On me lit. Soit. J'en ai des preuves :

On réimprime encor mes vers.

J'apprends, par les paquets d'épreuve)»^ Que mes lauriers sont toujours verts.

470 AURIÈRE-SAISON.

Mais, hélas ! tout passe et tout lasse ; Les meilleurs et les plus fameux A d'autres ont cédé la place, Et Ton m'oubliera tout comme eux.

Tout bruit est vain et se dissipe, Et fût-on, comme Béranger, Reproduit en tête de pipe, La Mode est femme et veut changer.

Songe au passé, deviens modeste, poète f et de tant d'efforts, De tant d'œuvres, vois ce qui reste :

Des ruines ! des arbres morts !

Parfois, pourtant, la branche sèche A l'air de reverdir un peu ; Sur le mur ouvert d'une brèche Grimpe un liseron rose et bleu,

Et quelques vers, une élégie, Un sonnet, sauvés de l'oubli.

Dans rherbier de l'Anthologie Conservent leur charme pâli.

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Aiors, jojeose ei rassurée.

Tu me troawras bi«n |,«„^„i Que ma chanson soit monnanée Par les lèvres des amou«oi.

Ces vers, dont on ganle mémoi«.

Seront deux fois récompensés, S lis défendent un peu ma gloi,^ fcux qui m'ont valu tes baisers.

I>os larmes mouillant tes lunettes, u te souviendras qu'autrefois

Accompagné par les fauvettes" Je te les disais dans les bois '

Ranimant en toi, pauvre vieille, Le feu sous la cendre endormi, Murmure, un jour, à ton oreille.

Un poème de ton ami,

Les seuls vers de lui qu'on connaisse, Les seuls dont la tendre langueur Émeuve encore la jeunesse Et trouve un écho dans son cœur;

Alors, joyeuse et rassurée.

Tu me trouveras bien heureux Que ma chanson soit murmurée Par les lèvres des amoureux.

Ces vers, dont on garde mémoire, Seront deux fois récompensés.

S'ils défendent un peu ma gloire, Eux qui m'ont valu tes baisers.

Des larmes mouillant tes lunettes, Tu te souviendras qu'autrefois, Accompagné par les fauvettes, Je te les disais dans les bois.

DÉSIU DE GLOIRE. 273

Caressant, de ta main légère, Mon front posé sur tes genoux, Combien tu me savais sincère!

Combien mes chants te semblaient doux !

Oh ! qu'à son tour, la Renommée Continue à les juger tels.

Et que, pour t' avoir tant aimée, Je laisse des vers immortels !

FOÉSIE. — III. 18

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