‹ Œuvres complètes de François Coppée (volume 5)Chapitre 69 sur 79 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Avant d'écouter la musique, Lecteur, rappelons-nous le temps Où nous avions de nos vingt ans L'adorable ivresse physique.

Rajeunissons ; souvenons-nous De la première amour conquise ; Et nous revivrons l'heure exquise Qui précède le rendez-vous.

î278 FEUILLES VOLANTES.

Le feu brûle; c'est en Décembre.

On s'est assis, las .de langueur, Écoutant palpiter son cœur Dans le calme ému de la chambre.

On est là, tenant dans sa main Cette lettre qu'elle a touchée Pour y mettre une fleur séchée, Avec ces deux mots : « A demain. >

La lampe, au reflet pur et tendre, Le thé prêt sur le guéridon.

Et surtout — madame, pardon ! — Le lit voilé, tout semble attendre.

L'espoir charmant, le doute affreux, Tour à tour vous donnent la fièvre.

On a soif; on se mord la lèvre.

— Oh ! qu'on souff*re et qu'on est heureux !

Eh bien, de cette heure bénie, Je voudrais, dans ces quelques vers, Noter les mouvements divers Ainsi qu'en une symphonie;

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