BALANCE DU COMMERCE
La balance du commerce est uu article de foi.
On sait en quoi elle consiste : un pays importe*t-il plus qu'il n'exporte; il perd la différence. Réciproquement, ses exportations dépassent-elles ses importations; rexcédant forme son bénéfice. Gela est tenu pour un axiome et on légifère en conséquence.
Sur cette donnée, M. Mauguin nous a avertis avant-hier, chiffres enmain, que la France fait au dehors un commerce dans lequel elle a trouvé le moyen de perdre bénévolement, et sans que rien Ty oblige, 200 millions tous les ans.
« Vous avez perdu sur votre commerce, dans onze années, 2 milliards, entendez-vous ! »
Puis, appliquant son infaillible règle aux détails, il nous a dit : « En objets fabriqués, vous avez vendu, en 1847,
1 Lors de la discussion du budget général des dépenses pour l'exercice de 1850, M. Mauguin exposa naïvement à la. tribune !a vieille et fausse théorie de la balance du commerce. {Moniteur du 27 mars.) Bastiat, qui l'avait déjà réfutée dans ses Sophismes, crut devoir Tatta- <]uer de nouveau; et comme sa santé ne lui permettait plus de monter à la tribune, il adressa, le 29 mars 1850, à une feuille quotidienne, les réflexions que nous reproduisons. II est à remarquer qu'il simplifie les calculs hypothétiques, au moyen desquels il élucide sa thèse, en excluant quelques-uns des éléments qu'il avait employés en 1845. (V. tome IV, page 52.)
{Note de l* éditeur.)