A MONTMORENCY
« La neige couvre le sol. Rousseau, dans un pavillon ouvert, « sans autre feu que celui de son cœur », écrit sa lettre à d’Àleinbert. Il est plein de verve. Parfois, il chantonne la c’.ianson deà Spartiates , et apostrophe ses ennemis. Thérèse apporte son déjeuner, composé d’un peu de vin, de pain et d’eau. — Tandis qu’elle donne à un inconnu, qui l’embrasse à une fenêtre, du poulet et du vin de Bordeaux, Grimm vient réclamer Rousseau, expose comiquement tous les griefs de sa société, et finit par lui demander de la copie de musique. Rousseau se calme, et vante son talent dans ce genre. On apporte un paquet pour Thérèse de la part de la maréchale. Grimm félicité ironiquement le stoïcien des cadeaux qu’il reçoit. — Celui-ci se fâche, et proteste de son ignorance. Grimm se retire incrédule. Rousseau appelle Thérèse, l’accable de reproches • « Vous me déshonorez, etc. » Le libraire Duchesne entre, lui disant qu’il n’ose pas publier l’ Émile, sans
supprimer le ficaire. Rousseau s’y refuse, se retranchant derrière le libraire de Hollande. Duchesne lui répond que cette édition r-era falsifiée. Rousseau , que cette nouvelle trouble jusqu’au délire, voit entrer Saint-Lambert, qui, averti par madame d’Epinay , vient l’accuser de déloyauté. Rousseau reste confondu. »
A A U II ON NK
« Rousseau a voulu revoir madame d’Houdetot. Elle est dans les larmes à cause de la jalousie de Saint-Lambert. Rousseau s’élève jusqu’à l’offre de sa vie. « Mais non, » reprend-il, « le parlement me poursuit. Dis un mot, et je vais, malgré » toutes les instances, me livrer au bourreau qui a déjà lacéré » mon livre. » Saint-Lambert entre. Il a tout entendu, ouvre ses bras et pardonne, — et lui annonce qu’il est chargé par MM. de Luxembourg et Malesherbes de réclamer leurs lettres compromettantes et de hâter sa fuite. — Ici, Rousseau lâche une tartine contre les grands, les magistrats et les prêtres, dit qu’il répondra et écrasera l’archevêque Beaumont, qui a la lâcheté de le calomnier en pleine chaire, et qu’il emportera dans son exil la joie d’avoir ébranlé jusqu’à la ruine cette société inique, prédit les horreurs d’une catastrophe révolutionnaire. (Il part.) »