‹ Œuvres completes de Gerard de Nerval precedee d'une noticeChapitre 54 sur 66 · A MOTI ERS-TRAVERS · texte numérisé non relu

A MOTI ERS-TRAVERS

« Thérèse et l’inconnu se concertent pour obliger Rousseau à quitter la Suisse; Ils rappellent ce qu’ils ont déjà fait pour cela : la scène 'des enfants ameutés pour le lapider, leur dénonciation au consistoire, etc.; enfin, ils arrêtent que l’inconnu fera une réclamation scandaleuse. Tout cela pour arriver à vivre dans une grande ville où ils puissent être à l’abri de l’opinion, et plus à portée de certaines ressources. Rousseau entre, il est malade et en costume d’ Arménien; — il vient d’herboriser; il tient de la ciguë et de la pervenche; il parle tout seul de madame de Warens, du suicide, de l'injustice des hommes, de ses souffrances, de son amour de la pa-

ANGELIQUE

trie. Thérèse lui remet un paquet, qui, dit-elle, vient d’arriver on ne sait d’où; il l’ouvre, et n’y trouve que des libelles contre lui. Pendant l’irritation que lui cause la lecture de œs écrits, on introduit, une députation du consistoire, qui vient l’engager à renoncer au projet de s’approcher de la table do la communion, parce que, disent-ils, le scandale serait trop grand... Rousseau s’irrite de nouveau contre tant de misérables persécutions. — Au milieu de cette scène se glisse l’inconnu, qui vient réclamer neuf francs que Rousseau lui aurait empruntés autrefois dans sa misère..., sans avoir voulu, dit-il,, les rendre à celui qui est maintenant misérable. Rousseau, sur ce fait, le chasse, et veut le conduire devant la police de Neuchâtel; mais il est épuisé et tombe accablé en disant : « Par- » tons, Thérèse! — Et où irons-nous? — Où vous voudrez. »

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