‹ Œuvres completes de Gerard de Nerval precedee d'une noticeChapitre 55 sur 66 · A ERMENONVILLE · texte numérisé non relu

A ERMENONVILLE

« Rousseau, assis devant une petite cabane, cause avec un jeune enfant. L’enfant va, vient, apporte des plantes. « Quelle » est celle-ci? — C’est de la ciguë. — Apporte-moi toutes » celles que tu rencontreras. * Thérèse vient déposer le café de Rousseau près de lui, et aperçoit dans ses mains un pistolet : « Qu’allez-vous faire? — Mettre fin à une existence dont » vous avez fait un long martyre. » Il sait tout et dit tout. « Ce père de vos enfants, que l’on m’accuse d’avoir abandon- » nés, est ici palefrenier dans cette maison, etc. » Thérèse s’agenouille. « Il est trop tard!.,. Souvenez-vous seulement » qu’aux yeux du monde, je vous ai permis de porter un nom * qui sera désormais glorieux. » L’enfant revient; Rousseau dit à Thérèse de sortir : celle-ci, sans bouger, lui montre le pistolet. Rousseau le lui donne : elle sort. Puis, en causant avec l’enfant, il exprime le jus des ciguës dans son café, qu’il boit tranquillement en caressant l’enfant. « Viendrez-vous ce » soir à la fête du château? — Non. — Pourquoi donc? Il y » aura M. Diderot, M. Saint- Lambert, madame d’Houde-

• tôt, etc. » Ses tortures «(frayent l’enfant, qui fuit. Rousseau s’achève avec un autre pistolet qu’il tire de sa poche. Le bruit, fait accourir tous les invités. Madame d’Houdetot se précipite la première pour le relever. — Rousseau est mort... »

Voilà le travail, incroyablement formulé, qui résume les idées de Sylvain, et dont il croit pouvoir faire un drame. Il a eu le malheur de trouver un exemplaire dépareillé des derniers volumes des Confessions , et son imagination a fait le reste...

Plaignons-le de n’avoir pas reçu l’éducation classique...

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