‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 141 sur 202 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Précédents, DOMINIQUE.

DOMINIQUE

Que désire monsieur?

PAUL, montrant Jeanne.

Fais-lui tes adieux, nous partons.

DOMINIQUE

En voyage encore?

PAUL

Oui, pour un long voyage.

DOMINIQUE

Mais monsieur, sans doute, n*a pas réfléchi que notre garde-robe...

PAUL, tournant autour do lui des yeux inquiets. En efl^et ! (H aperçoit sur le lit une suporbo pelisse de fourrure.)

Ah ! mais non ! Tu vois bien ! le ciel s'en mêle. C'est un avertissement, un ordre !

DOMINIQUE

La belle fourrure ! (II lôve la fourmro d'un bras et l'examine.)

Vous ne m'en aviez pas parlé. Avec ça sur le dos, on doit se moquer joliment du thermomètre ! Si j'en

avais une pareille ! (H la remet sur le m et en voit une seconde A

côté.) Une autre!...

PAUL

C'est pour toi, alors!... Prends-la.

DOMINIQUE endosse vivement sa pelisse, en relève le collet et croise

SCS mains sous les manches. — A part.

Je serai un peu calé là dedans! Hein! on aura l'air d'un ambassadeur russe !

PAUL, frappant du pied.

Allons, hâte-toi ! Je veux m'élancer par le monde, courir au but, l'atteindre. Viens! viens!

DOMINIQUE

Oh! nos paquets ne sont pas longs à faire. Me voilà..!. Adieu, petite sœur!

JEANNETTE, d'une voix entrecoupée par un sanglot.

Adieu !

PAUL, qui a mit ion chapeau sur sa tête et ta peliuesur son brat, t'arrête sur le leuil, au bruit d'un grand sanglot de Jeannette.

Ah I de la sensibilité, plus que je ne croyais. Eh I c'est pour son frère.

Ils sortent.

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