‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 148 sur 202 · BALLET · texte numérisé non relu

BALLET

Sur un signe qu3 fait Couturin, les officiers de sa cour se précipitent de droite et de gauche : les uns vers les champignons qui portent des costumes, lot autres vers les étoffes du fond, ceux-ci vers les marabouts, oeux-là vers l'arbre à peignes, etc. ;

et ils s'ompressent d'habiller Jeanne et de la maquiller. Cependant le Tond et lei deux cdtée du théAtre changent et représentent du haut en bas les rayons d'un gigantesque magasin de nouTeautés, plein de garçons servant des dames.

Couturin est placé au premier plan à droite, étalé, seul, sur une petite causeuse dans une pose méditativo et en train de prendre des notes.

Les garçons de magasin habillent des dames du monde.

Quelques-unes Tiennent s'adresser à Couturin, qui leur répond par trois fois :

Laissez-moi! je compose!

Couturine leur sert du thé, sur uo petit guéridon, placé près de Couturin. A de certains moments, le mouvement s'arrête et il se fait un grand silence. Alors Couturin, un lorgnon dans l'œil, passa toutes les femmes en revue et les rajuste, abaisse ou rehausse leur décoUetage d'un geste brusque, puis lève les épaules et crie :

Non, pas ça, c'est vieux; autre chose! vivement!

Jeanne doit toujours former le centre du groupe principal. A la fin, toutes les dames, y compris la reine, qui ont suivi progressivement les mêmes changements, se trouvent habillées comme elle d'une façon riche et extravagante.

COUTURIN.

Restons-y au moins une demi-heure! c'est très beau!

Satisfaction générale exprimée par des soupirs; mais tout à coup Couturin considère

Jeanne, et défaisant avec rapidité sa toilette :

Oui! décidément, ceci me déplaît, et cela aussi! Autre chose. Allons! vitef

Jeanne se trouve dans un costume d'un goût simple et exquis.

Maintenant, seigneurs et seigneuresses , parfumeurs et brodeuses, chemisiers et couturières, retirez-vous dans vos cabinets artistiques, nous souhaitons être seuls. Demeurez, Couturine!

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