‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 171 sur 202 · LES ÉTATS DE PIPEMPOHË · texte numérisé non relu

LES ÉTATS DE PIPEMPOHË

Lo ihéAtre représente une vaste salle d'one architecture indo-moresque, ayant dan» le fond une galerie (praticablo), à doubles arcs correspondants, soutenus par det colnnnettes géminées. Il y en a trois, et celui du milieu, faisant porte» s'ouvre sur l'escalier i trois marches par ofii l'on descend dans la salle.

Le plafond a des poutrelles or et bleu successivement. Les colonnettes sont en ébène avec des incrustations do nacre et les arcarles du côté extérieur de la galerie closes par des stores en petits bambous dorés

Sur la plinthe qui supporte la galerie, comme sur toutes les murailles, des losanges vermillon et asur alternent dans la couleur noire.

A droite, une grande portière de cachemire. A gauche, sur un trdne flanqué de chimères, à fond d'or mat ai que surmonte un baldaquin do plumes blanches, Jeanne, en costume rojal et éblouissante de pierreries, est assise dans une attitude impériouse»

Près d'elle, debout, se tient son premier ministre (le roi des gnomes). Far derrière, des négresses agitent des éventails en plumes de paon ; et devant elle, des nains barbus, habillés do rouge et accroupis sur leurs talons, occupent symétriquement tous les degrés du trône. Les deux derniers, en bas, soufflent à pleine poitrine sar deux cassolettes un peu plus hantes qu'eux.

Au milieu de la scène danse un groupe de bayadères — tandis qu'au fond, devant chaque arcade et tranchant ainsi sur la couleur dorée des stores, il y a un géant habillé d'une longue robe noire e' qui restA immobile.

Une musique langoureuse bourdonne. Les tourbillons des parfums montent lentement; et la lumière du soleil, passant par les intervalles det roseaux, enveloppe toul d'uue atmosphère ambrée.

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