‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 170 sur 202 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Auuitôt le pot-au-feu, dont les aoset se tTansfonnent en deux ailes, monte dans les airs et, arrivé en haut, il sa retourne entièrement. Tandis que les flancs du potau-feu vont s'élargissant toujours, de manière à couTrir la cité endormie, des légumes lumineux, carottes, navets, poireaux, s'échappent de sa cavité et restent suspendus à la voûte noire comme des constellations.

Dès que l'obscurité est complète, on entend s'élever dans toutes les maisons un ronflement (général.

Mais il 80 fait un bruit sec comme d'un barreau qu'on brise ; puis de la prison sortent deux ombres hamaioes, frdlant les murs et marchant sur la pointe des pieds. Paul apparaît d'aburd, ensuite Dominique avec le tromblon et la redingote à la propriétaire, et portant sous ses bras ses deux bottes pour ne point faire de brait. 11 contemple un instant avec effroi les constellations>légumes.

Le ronflement général repart.

La toile tombe lentement.

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