‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 174 sur 202 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE ROI DES GNOMES, JEANNE

JEANNE, descendant du trône.

Qu*as-tu donc pour exiger cette mort?

LE ROI

Moi? Ohl pas le moindre motif!

JEANNE

Eh bien, comme j'ai le droit de pardonner...

LE ROI

Pardonner? Mais ils ne croiront jamais que tù sois la reine!

JEANNE

Pour avoir pleuré ! quel crime ! Elle était donc bien cruelle, Tautrel...

lE ROI.

Elle était forte. Imite-la I

JEANNE

Il m*est impossible cependant...

LE ROI

Tu veux donc te perdre, et pour un scrupule indigne de ce pouvoir tant rêvé, quand il te le faudrait plus fort que jamais...

JEANNE

Que dis-tu?

LE ROL

Car bientôt, tout à l'heure peut-être, tu auras à tirer d*un péril mortel ton frère et ton amant.

JEANNE, ajprèt un long lilence.

. Et tu crois que ce papier...

LE ROI

Il ne s'agit que de retourner dans tes mains ton sifflet d*or et d'en appuyer le pommeau sur cette cire

rouge. (Il la lui présente.)

JEANNE

Ohl noni c'est trop horrible!

LE ROI

Mais si le peuple se révolte, s'il te chassait? Je ne peux rien sur les multitudes, moil II est accoutumé chaque jour à des supplices. Tu le prives de sa joie, il va douter de sa reine. (De grands cris s'éièTont m deiion.) L'entends-tu?

JEANNE, prâtant l'oreille.

En effet!

Page 1