‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 175 sur 202 · VOIX LOINTAINES · texte numérisé non relu

VOIX LOINTAINES

Vengeance ! La mort I la mort !

LE ROI DES 6NOMES9 à un des géants près des stores.

Relève !

Le ^nt, saas monter sur les marchas, allonge le bras et il relèTo d'un seul coup jatqu'en haut le store de l>ambous dorés qui ferme l'arcade extérieure du milieu de la galerie. On aperçoit une ville orientale, minarets, coupoles.

JEANNE gravit vivement les trois marches et se penche pour voir.

Quelle foule I et avec des piques, des haches, des épées I La voilà qui bat contre les portes du palais !

LE ROI

Hâte-toi donc, malheureuse I pour sauver ceux que tu aimes!

JEANNE

Donne! (SUe repousse le papier.) NOU ! UOU !

LE ROI DES GNOMES

Garde au moins le pouvoir quelque temps, ne fûtce qu'un jour, une heure, et que ce supplice montre...

JEANNE, emportée.

Eh bien! qu'il ait lieu quand je n'y serai plus!

LE ROI, servilement.

Demain, si tu veux, tes désirs sont des ordres, Majesté. Voilà!

JEANNE, apposait vite le cachet.

Oui, demain.

LE ROI remet le papier au nain resté près du trOne.

Cours!

Le nain se prédpite A droit» par la portière, en riant à gorge déployée.

Eh I eh ! il est d^humeur folâtre, ce bouffon !

JEANNE 9 se- tordant les mains.

Miséricorde de Dieu! si j'avais su tout celai...

LE ROI DES GNOMES, à part.

Nous la tenons! Elle a été coquette, puis stupide; elle devient cruelle ! C'est complet ! (crfs de joie et appuadissemenu an dehors.) Tou pcuplc tc remercic, ô rciuc !

JEANNE

Mais un grand bruit de pas se rapproche!...

LES VOIX, de plus près.

La mort! la mort!

LE ROI, tout en remontant jusqu'au fond, au deli des trois marches

contre la grande baie du milieu.

C'est qu'il vient lui-même jusqu'ici, pour aider à tes bourreaux et jouir de ton aspect trois fois saint. Entrez I

Alors s'avance par la galerie d'abord le nain général, puis derrière lui des nègret portant sur leur épaule le bout d'une énorme chaîne qui attache Paul et Dominique. Un flot de peuple les accompagne.

Tout ce cortège, aTOc le nain en tète, descend les marches de l'escalier et se déploie au fond contre le petit mur de la galerie, laissant au premier plan Paul et Dominique en haillons, très pâles, les yeux hagards, tandis que le roi des gnomes reste sous l'arcade du milieu et que les géants en robe noire, dominant par derrière la multitude, se Uennent tovgoars immobiles devant les stoces dorés.

SEPTIÈME TABLEAU. - SCÈNE lY. 293

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