SCÈNE IX
JEANNE, UN OFFICIER avec des soldats.
LE CHANCELIER
JEANNE, à l'officier.
Ces deux étrangers partis tout à l'heure, cours après! Malgré notre sauf-conduit royal, quoi qu'ils fassent, tu m'entends, je les veux! ramène-les I Tu m'en réponds sur ta tète! plus vite. (L'officier et les soldats
sortent par la droite Au chancelier.) PourqUOi doUC t'ai-jc ap-
pelé, toi? Âhl tu dois avoir encore entre tes mains Tordre du supplice de cet homme... tu sais... qui a pleuré l'autre jour.
LE CHANGELIERf aTec une grande ré véranco, le lui montrant.
Le voici, gracieuse Majesté.
JEANNE
Donne I (BUo le déchire en morceattz.) Jc lui faiS grâCC!... (Le chancelier la regarde, itupéfait.) Oui, entièrement grâcc!...
Va le délivrer toi-même, et tu auras soin qu*on lui porte, pour qu'il n'ait plus faim à l'avenir, trois tonnes d*argent et la charge en blé de quatre dromadaires. (Fausse sortie da chancelier.) ÉcOUtC dOUCl II doit y aVOir
beaucoup d'esclaves dans mes jardins? Qu'on brise leurs chaînes et qu'on les renvoie, sur des vaisseaux, dans leur patrie I Ensuite, tu prendras aux magasins du palais tous les vêtements qui s'y trouvent: les dolimans de fourrures, les vestes en brocart d'or, les robes tissues de perles, et tu les distribueras aux habitants de ma ville, en commençant par les plus pauvres ! Reviens I je n'ai pas fini] On tirera des arsenaux toutes les armes, et l'on en fera sur les places de grands bûchers qui réjouiront les veuves! Gomme j'ai trop de parfums, qu'on les jette par les fenêtres pour laver les rues. J'ordonne qu'il n'existe rien des commandements portés jusqu'à ce jour en mon nom I Je veux qu il n'y ait plus dans mon royaume une seule douleur! mais un même sourire de joie sur la face de tout mon peuple I Rien, maintenant, que des larmes d'allégresse et des
béoédictionS pour moi I (Paul et Dominique rentrent à droite, par U portière, arec l'offieier et lei loldati.) Âh I (▲ l'officier.) G'OSt bien I
Laissez-nous !