SCÈNE IV
Les Précédents, LE ROI DES GNOMES.
LK ROI DES GNOMES, à son balcon, d'une Toiz haute et ironique.
Ah ! maître sensible I Ah I cœur exempt de souillures I Toi qui abandonnes ton serviteur et qui te crois appelé à sauver le genre humain, tu as failli deux fois en deux minutes, par égoïsme et par orgueil I Tu es à nous maintenant.
HUITIÈME TABLEAU. — SCÈNE lY. 349
PAUL| dédaigneusement.
Moi?
LE ROI BES GNOMES
Contemple cet arbre, c'est ton domestique luimême.
PAUL
Grands dieux !
LE ROI DES GNOMES
Sous récorce où le voilà caché, il conserve le sentiment et la mémoire. Tu vas être comme lui.
PAUL, d'an ton terrible, aux gnomes qui te sont resserrés autour de lui.
Pas encore, tant que cette épée...
LE ROI DES GNOMES
Tire-la donc I
Paul, déjà la main sur la garde de son épée, est paralysé tout à coup. Ses bras et ses jambes conservent l'attitude qu'il avait prise dans ce mouyement. Il deyient rigide et blanc comme une statue, pendant que le roi, du haut de son balcon, prend son sceptre d'or. La bague reluit à sa main de marbre.
LE ROI DES GNOMES
Nous t'avons fait des épaules assez solides pour porter les destinées du monde. Qu'en dis-tu? Garde comme un remords le souvenir du passé. Demeure perpétuellement dans l'impuissance de ta menace. Tes yeux sans prunelles auront le don de nous voir et tes oreilles celui de nous entendre, quand tu seras transporté dans la salle de nos festins ; car sous ton apparence insensible tu vivras, pour souffrir ton supplice éternel.
Tons les gnomes, se prenant par la main ayec des éclats de rire et aux sons d'une musique infernale, font une grande ronde autour de la statue immobile.