SCENE IV
MUREL, ROUSSELIN.
ROUSSELIN, entrant.
C'est inouï, ma parole d'honneur!
MUREL, à part.
Rousselin! A nous deux!
ROUSSELIN
Gruchet! un Gruchet, qui veut me couper rherbe sous le pied! un misérable que j'ai défendu, nourri; et il se vante d'être soutenu par vous?
Mais...
ROUSSELIN
D'où diable lui est venue cette idée de candidature?
MllREL.
Je n'en sais rien. Il est tombé chez moi comme un furieux, en disant que j'allais abjurer mes opinions.
ROUSSELIN
C'est parce que je suis modéré ! Je proteste également contre les tempêtes de la démagogie que souhaite ce polisson de Gruchet, et le joug de l'absolutisme, dont M. Bouvigny est l'abominable soutien, le gothique symbole ! en un mot, — fidèle aux traditions du vieil esprit français. — je demande avant tout le règne des lois, le gouvernement du pays par le pays, avec le respect de la propriété ! Oh ! là-dessus, par exemple!...
MUREL.
Justement! on ne vous trouve pas assez républicain.
ROUSSELIN
Je le suis plus que Gruchet, encore une fois! car je me prononce, — voulez-vous que je l'imprime, — pour la suppression des douanes et de l'octroi.
MUREL.
Bravo !
ROUSSELIN
Je demande l'affranchissement des pouvoirs municipaux; une meilleure composition du jury, la liberté de la presse, l'abolition de toutes les sinécures et titres nobiliaires.