‹ Œuvres complètes de Gustave FlaubertChapitre 5 sur 202 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

MUREL.

Eh ! mon Dieu ! quand Rousselin serait nommé !

6RUGHET.

Un moment! s*ii se porte, ce ne peut être que candidat juste milieu?

MUREL, à part.

Qui sait?

GRUCHET.

Et alors, mon cher, nous ne devons pas... Car enfin nous sommes des Ubéraux ; votre position, naturellement, vous donne sur les ouvriers une influence!... Oh ! vous poussez même à leur égard les bons offices très loin ! Je suis pour le peuple, moi ! mais pas tant que vous!... Non... non!

MUREL.

Bref, en admettant que Rousselin se présente?...

Je vote contre lui, c'est réglé !

MUREL, à part.

Ah! j'ai eu raison d'être discret! (Haut.) Mais avec de pareils sentiments que venez-vous faire chez lui?

GRUCHET.

C'est pour rendre service... à ce petit Julien.

MUREL.

Le rédacteur de V Impartial?,,, Vous, l'ami d'un poète?

GRUCHET.

. Nous ne sommes pas amis ! Seulement, comme je

le vois de temps à autre au cercle, il m'a prié de l'introduire chez Rousselin.

MUREL.

Au lieu de s'adresser à moi, un des actionnaires du journal ! Pourquoi?

GRUCHET.

Je l'ignore !

MUREL, i part.

Voilà qui est drôle! (Haut.) Eh bien, mon cher, vous êtes mal tombé !

GRUCHET.

La raison?

MUREL, à part, allant ot venant.

Ce Pierre qui ne revient pas! J'ai toujours peur... (Haut.) La raison? c'est que Rousselîn déteste les bohèmes !

GRUCHET.

Celui-là, cependant...

MUREL.

Celui-là surtout! et même depuis huit jours... m

tire sa montre.)

GRUCHET.

Âh çà! qui vous démange? Vous paraissez tout inquiet.

MUREL.

Certainement !

GRUCHET.

Les affaires, hein?

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