ACTE III, SCÈNE H
LEDRU
On connaît votre manière d'enguirlander le monde ! Mais si vous aviez devant vous Gruchet...
C'est à moi que vous comparez Gruchet! à moi!... qu'on a vu pendant quarante ans... à moi dont le patriotisme... — Ah! vous ne le croyez pas vous-mâme, monsieur !
LEDRU
Oui, je le compare à vous!
ROUSSELIN
Ce Gatilina de village !
HEURTELOT, an balcoo.
Qu'est-ce que c'est, Catilina?
ROUSSELIN
C'était un célèbre conspirateur qui, à Rome...
LEDRU
Mais Gruchet ne conspire pas \
HEURTELOT.
Êtes-vous de la police?
TOUSi à droito. ^
Ji o
Il en est ! il en est ! r ^ »
> ^ "S TOUS, à gauche. i 1 <i
Non, il n'en est pas! (vacarmo.)
ROUSSELIN
Citoyens ! de grâce! Citoyens! Je vous en prie! de grâce! écoutez-moi!
MARCHAIS
Nous écoutons 1 (RousseUn cherche à dire quelque choie et resta
muet. Rires de la foule.)
TOUS, riant.
Âhlah! ah!
LE GARDE CHAMPÊTRE
Silence !
HEURTELOT.
Il faut qu'il s'explique sur le droit au travail.
TOUS
Oui I oui I le droit au travail !
ROUSSELIN
On a écrit là-dessus des masses de livres. (Murmuros.) Ah! vous m'accorderez qu'on a écrit, à ce propos, énormément de livres. Les avez-vous lus?
HEURTELOT.
Non!
ROUSSELIN
Je les sais par cœur! Et si, comme moi, vous aviez passé vos nuits dans le silence du cabinet, à...
HEURTELOT.
Assez causé de vous ! Le droit au travail !
TOUS
Oui, oui, le droit au travail !
ROUSSELIN
Sans doute, on doit travailler!
HEURTELOT.
Et commander de l'ouvrage !