ACTE l, SCÈNE III
MUREL.
Chaude! oui, monsieur!
LOUISE
Et rien ne lui coûte pour être agréable à ses amis !
MADAME ROUSSELIN
Si ce n'est peut-être d'oublier ses préférences politiques.
MUREL, à Louise, à demi-voix.
Votre mère aujourd'hui est d'une froideur!...
LOUISE, de même, comme pour l'apaiser.
Oh!
MADAME ROUSSELIN, à droite, assise devant une petite table.
Ici, près de moi, cher vicomte ! Approchez, monsieur Gruchet ! Eh bien , a-t-on fini par découvrir un candidat! Que dit-on?
GRUCHET.
Une foule de choses, madame. Les uns...
ONÉSIME, lui coupant la parole.
Mon père affirme que M. Rousselin n'aurait qu'à se présenter...
MADAME ROUSSELIN, vivement.
Vraiment ! c'est son avis ?
ONÉSIME
Sans doute ! Et tous nos paysans qui savent que leur intérêt bien entendu s'accorde avec ses idées...
GRUCHET.
Cependant elles difiièrent un peu des principes de 89!
ONÉSIME, riant aux éclats.
Ah ! ah ! ah ! Les immortels principes de 89 !
GRUCHET.
De quoi riez- vous?
ONÉSIME
Mon père rit toujours quand il entend ce mot-là.
GRUCHET.
Eh ! sans 89, il n'y aurait pas de députés!
Miss ARÂBELLE.
Vous avez raison, monsieur Gruchet, de défendre le parlement. Lorsqu'un gentleman est là, il peut faire beaucoup de bien !
GRUCHET, d m"**' Rousselin.
D'abord on habite Paris pendant l'hiver.
MADAME ROUSSELIN
Et c'est quelque chose ! Louise, rapproche-toi donc ! Car le séjour de la province, n'est-ce pas, monsieur Murel, à la longue, fatigue ?
MUREL, vivement.
Oui, madame ! (Bas à Louise.) On y peut cependant trouver le bonheur !
GRUCHET.
Gomme si cette pauvre province ne contenait que des sots!
MISS ARABELLE, avec cxalution.
Oh ! non ! non ! Des cœurs nobles palpitent à
l'ombre de nos vieux bois ; la rêverie se déroule plus