ACTE ï, SCÈNE
largement sur les plaines; dans les coins obscurs, peut-être, il y a des talents ignorés, un génie qui
rayonnera ! (Slle s'assied et reprend sa pose mélancolique.)
MADAME ROUSSELIN
Quelle tirade, ma chère! Vous êtes plus que jamais en veine poétique !
ONÉSIME
Mademoiselle, en effet, sauf un léger accent, nous a détaillé tout à l'heure le Lac de M. de Lamartine... d'une façon...
MADAME ROUSSELIN
Mais vous connaissez la pièce ?
ONÉSIME
On ne m'a pas encore permis de lire cet auteur.
MADAME ROUSSELIN
Je comprends! une éducation... sérieuse! (Lui passant
sur les poignets un écheveau de laine à dévider.) AuriCZ-VOUS l'obli-
geance?... Les bras toujours étendus! fort bien!
ONESIME
Oh! je sais! Et même, je suis pour quelque chose dans ce paysage en perles que vous a donné ma sœur Elisabeth !
MADAME ROUSSELIN
Un ouvrage charmant; il est suspendu dans ma chambre ! Louise, quand tu auras fini de regarder Y Illustration.,,
MUREL, à part.
On se méfie de moi; c'est clair!
MADAME ROUSSELIN
J'ai admiré, du reste, les talents de vos autres sœurs, la dernière fois que nous avons été au château de Bouvigny.
ONÉSIME
[Ma mère y recevra prochainement la visite de mon grand-oncle, l'évoque de Saint-Giraud.
MADAME ROUSSELIN
Monseigneur de Saint-Giraud votre oncle !
ONÉSIME
Oui! le parrain de mon père.
MADAME ROUSSELIN
Il nous oublie, le cher comte, c'est un ingrat] * !
ONÉSIME
Oh ! non ! car il a demandé pour tantôt un rendezvous à M. Rousselin!
MADAME ROUSSELIN, l'air satisfait.
Ah!
ONÉSIME
11 veut l'entretenir d'une chose... Et je crois même que j'ai vu entrer tout à l'heure maître Dodart.
MUREL, à part.
Le notaire! Est-ce que déjà?...
MISS ARABELLE
En effet! Et après est venu Marchais, l'épicier, puis M. Bondois, M. Liégeard, d'autres encore.
1. \a cbnsdrk ne permettant pat le mot<^gue*ni le mot monseigneur, 'M*"* RoussRLiN : ... Au château de Bouvigny, mais votre père nous oublie. C'est un ingrat.