SCENE IL Les Mêmes, ROUSSELIN
hOUSSELIN, en entrant^ presse chaleureusement la main do Pierre.
Mon cher ami...
PIERRE, étonné.
Mais, monsieur?...
ROUSSELIN
Une distraction, c'est vrai! L'habitude de donner au premier venu des poignées de main est plus forte que moi... J'en ai la paume enflée, (au garde champêtre.)
Ah ! très bien ! (Lui gUssant de l'argent d'une manière discrète.)
Merci!... et... ne craignez pas... si jamais vous aviez besoin... .
LE GARDE CHAMPÊTRE, avec un geste pour le rassurer. Ob ! (Il sort avec Pierre qui l'aide à porter les journaux.)
ROUSSELIN
Il enfonce toutes les objections, l'article! — démontrant fort bien qu'il est absurde d'avoir des opinions arrêtées d'avance, et que ma conduite par là est plus sage et plus loyale. Il vante mes lumières administratives, il dit môme que j'ai fait mon droit, — j'ai poussé jusqu'au premier examen, — et avec des tournures de style!... — C'est pourtant à ma femme que je dois cela !
FÉLICITÉ, s'ayançant et lui remettant une lettre.
De la part de M. Gruchet !
ROUSSELIN
Ah! (Lisant) <fLa quittance, et je me désiste. Vous pouvez la confier à ma bonne. »
Diable ! Voilà ce qu*on appelle vous mettre le couteau sur la gorge !
Mais s'il se retire, pas d*autre concurrent, et je suis nommé! Mon Dieu, oui! G*est bien clair! La somme est lourde cependant, et je n'aurai plus contre lui aucun moyen?... Eh! quand il sera élu, belle avance! Pour six mille francs, dont je ne parlais pas, que j'avais oubliés... A quoi me serviraient-ils ? Bah ! on n'a rien
sans sacrifice ! (ll ouvro Bonbuxeaa.) Tenez! (Donnant an petir papier
à ^éucité.) Dépèchez-vous ! votre maître attend !
FÉLICITÉ
Merci, monsieur! (BUetort.)
ROUSSELIN
La démission est tardive ! Bah I le scrutin ne fait que d'ouvrir, et quand j'y perdrais quelques voix...