‹ Œuvres complètes de Guy de Maupassant.... 1Chapitre 2 sur 39 · BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE

Henri-René-Albert-Guy de Maupassant naquit le 5 août 1850 au château de Miromesnil, à huit kilomètres de Dieppe. Il était lorrain par son père et normand par sa mère, mais la famille de Mau-passant était établie depuis le milieu du XVIIIe siècle en Normandie. C'est là que Guy de Maupassant fut élevé, c'est là qu'il vécut toute son enfance et sa première jeunesse, d'abord à Etretat et à Fécamp, sur la côte, puis à l'intérieur du pays, au séminaire d'Yvetot et au lycée de Rouen d'où il sort bachelier. Le vagabondage heureux de ces premières années lui valut une santé robuste, le goût de l'espace et du grand air, une parfaite connaissance des hommes et des choses qu'il de-vait peindre de préférence.

Il avait vingt ans lorsque la guerre éclata. Il s'engagea et fit campagne. Là encore il fut mêlé de très près aux événements qu'il mit plus tard en scène. Puis il part pour Paris et entre comme X GUY DE MAUPASSANT.

employé au Ministère de la marine d'où il passera plus tard au Ministère de l'instruction publique. De ce monde de fonctionnaires on trouve égale-ment dans son oeuvre des souvenirs nombreux.

Cette période de dix ans (1870-1880) est la période de préparation de l'écrivain. Il partage ses loisirs entre le canotage sur la Seine et ses premiers essais littéraires : théâtre, vers, nou-velles. Mais ce travail opiniâtre reste secret. Pen-dant ces dix ans, Maupassant n'a guère publié que deux ou trois courts récits et quelques pièces de vers. Flaubert presque seul est dans la confi-dence. Il assiste avec orgueil à I'éclosion de ce jeune talent, l'aidant de ses conseils et de ses encouragements avec une patience inlassable.

Flaubert avait été étroitement lié dans sa jeunesse avec Alfred Le Poittevin, frère de Mme de Mau-passant. Il reporta sur le neveu un peu de la ten-dresse qu'il avait eue pour l'oncle. Son influence fut décisive. Maupassant, avec ses qualités pro-pres, demeure dans l'histoire littéraire le descen-dant direct de Flaubert.

Son premier volume Des Vers, publié sous le patronage de Flaubert, et surtout Boule de Suif qui parut la même année (1880) dans Les Soirées de Médan, marquent la fin de l'apprentissage. Maupassant est maître désormais de son art. Le succès extrêmement vif de Boule de Suif lui per-mit de s'y consacrer tout entier, en lui ouvrant la

GUY DE MAUPASSANT. XI porte de différents journaux, le Gaulois d'abord, bientôt le Gil-Blas, où durant plusieurs années, presque chaque semaine, Maupassant sera repré-senté par une chronique ou une nouvelle.

Ces nouvelles, réunies en volumes, se suc-cèdent avec une surprenante rapidité. En voici la liste : 1881, La Maison Tellier; 1882, Mademoiselle Fifi; 1883, Contes de la Bécasse; 1884, Clair de Lune, Miss Harriet, Les Soeurs Rondoli; 1885, Toine, Yvette, Contes du Jour et de la Nuit; 1886, Monsieur Parent, La Petite Roque; 1887, Le Horla; 1888, Le Rosier de Mme Husson; 1889, La Main gauche; 1890, L'Inutile Beauté.

En 1883, Maupassant publie son premier ro-man, Une Vie. Il fut suivi de cinq autres : Bel-- Ami qui parut en 1885, Mont-Oriol en 1887, Pierre et Jean en 1888, Fort comme la Mort en 1889 et enfin Notre Coeur en 1890.

On peut dire que la vie de Maupassant se confond avec l'histoire de son oeuvre. Il vit tantôt à Paris, tantôt à Etretat où il s'était fait construire une maison, la Guillette. Mais de bonne heure déjà il avait eu la passion des voyages. Libre de s'abandonner à ses goûts, il s'égare en de longues croisières à bord de son yacht Bel-Ami. Il pousse à plusieurs reprises jusqu'en Algérie ; on le trouve tour à tour en Corse et en Sicile; il aime à faire de longues escales dans les différents ports de la Côte d'Azur. C'est à ces voyages que nous de- XII GUY DE MAUPASSANT.

vons : Au soleil (1884), Sur l'eau (1888) et La Vie errante (1890). y

Cependant la santé de Maupassant, de bonne heure ébranlée, déclinait rapidement. Les soins des médecins, les cures de bains et de repos restent inutiles. Il semble s'acharner à produire en prévoyance de sa fin prochaine. Et il meurt de paralysie générale en pleine célébrité, le 6 juillet 1893, dans la maison du Dr Blanche à Passy, ayant publié en dix ans : 1 volume de vers, 16 volumes de nouvelles, 6 volumes de ro-mans, 3 volumes de voyage, 1 volume de théâtre, au total 27 volumes, sans compter de très nom-breuses chroniques dans divers journaux, et 3 vo-lumes de nouvelles posthumes : Les Dimanches d'un Bourgeois de Paris, Le Père Milon et Le Col-porteur.

Il ne s'était pas marié. Il avait eu un frère, Hervé, de six ans plus jeune que lui, mort en 1889.

Hervé laissa une fille, aujourd'hui Mme Jean Os-sola, seule héritière de l'écrivain.

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