‹ OEuvres complètes de H. Rigault. Précédées d'une notice biographique et littéraireChapitre 112 sur 183 · EiiglishhumourisUi, Swift, p · texte numérisé non relu

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2. There is nothing new in astronomy to vie withthe ancients, unless it le the copernical System ; nor in physic, unless Ilarvey's circulation nf the blood. (Of ancient and modem learning , Tcmple's Works, vol. III, p. 454.)

(les indices intéressants du goût de Temple et de son temps, des idées de détail ingénieuses, des réflexions morales où se révèlent la connaissance des hommes et l'expérience de la vie, un tour d'esprit délicat, agréable et, jusqu'à un certain point, français, un style élégant, orné, harmonieux. Temple est un prosateur de premier ordre. Johnson lui attribue l'honneur que Voltaire accorde à Balzac, d'avoir introduit le premier dans la langue de son pays le nombre et la cadence'. Blair vante sa douceur et son aménité-, et M. Macaulay, qui ne le gâte pas, admire « ce style simple et coulant, clair et mélodieux, qui s'élève quelquefois jusqu'à la magnificence de Cicérone » Parmi les causes qui ont contribué à la décadence de l'esprit chez les modernes, Temple assigne le premier rang à la pédanterie; il en trace le portrait suivant, où se montre, avec beaucoup d'esprit, le dédain de l'homme du monde, longtemps mêlé aux grandes affaires, pour la science de cabinet. Les érudits de son temps ne le lui pardonnèrent pas. a La pédanterie est une maladie qui s'empare des scholars légers, superficiels et suffisants, qui ont plus de prétention que de mérite, qui s'estiment plus que de raison, et qui, en vivant toujours en eux-mêmes ou dans leurs cellules, se sont rendus impropres à tout ce qui n'est pas la science, et ridicules dans tous les entretiens dont elle n'est pas le sujet. Ce fléau a commencé par atteindre les enfants et les personnes d'une constitution faible; puis s'étendant par degrés, il a bientôt envahi les esprits les plus sains et les plus vigoureux. Le voisinage s'est effrayé, et a fui indistinctement tous les savants, ceux qui se portaient bien comme ceux qui étaient malades; et les étrangers, apprenant qu'il régnait une épidémie, ont évité tout commerce même avec les tempéra-

1. Boswell, Life of JaUnsau, vol. III. — 2. Rlair, Lectures, xix. — 3. Macaulay, Crilirnl niuniislorlral Essniis, vol. III, p. 1!)1.

ments les plus sains. On a commencé par avoir peur de la science, on a lini par la haïr, et les savants même qui n'étaient pas pédants ont craint d'être moqués comme les pédants qui n'étaient pas savants : les pigeons ont eu peur de l)asser pour des geais, parce qu'ils étaient dans leur compagnie. Un Espagnol spirituel a dit que le livre de don Uuichotte avait perdu la monarchie espagnole, en rendant ridicules les sentiments chevaleresques.... La pédanterie a ruiné la république des lettres en rendant ridicule le savoir ; et plaise à Dieu qu'elle n'ait pas des effets pires encore!... »

Telle est la manière spirituelle et dégagée que Temple porte dans les sujets littéraires. Comment un écrivain d'un esprit si fin, et d'un goût le plus souvent si délicat, a-t-il pu laisser échapper des jugements qui donnent aujourd'hui de l'intérêt à son livre comme des symptômes curieux du goût de l'époque, mais qui prouvent qu'il ne connaissait et ne jugeait guère mieux les littératures modernes, même celle de son pays, que celle de l'antiquité? Pour prouver combien les modernes sont inférieurs aux anciens, il dresse lerecensement des grands écrivains modernes chez les quatre peuples les plus lettrés, et voici les hommes de génie qu'il inscrit sur sa liste : en Italie , Boccace, Machiavel, Fra-Paolo Sarpi; en Angleterre, Philippe Sidney, Bacon, Selden; en Espagne, Cervantes et Guevara; en France, Piabelais, Voiture, La Rochefoucauld, liussy-Rabutin'. Yoilà tout son Panthéon : il n'y admet ni Sliakspeare, ni Milton, ni Dryden, ni Descartes, ni Pascal, ni Corneille, ni Racine, ni Boileau, ni La Fontaine, ni Dante, ni le Tasse, ni Lope de Vega, ni Calderon ! Combien de pareils jugements, émanés d'un écrivain supérieur, ne donnent-ils pas à réfléchir sur la vanité des jugements contemporains et sur la sagesse

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