La Philosophie applicahlc, p
Perrault et de Fontenelle, proclame la permanence des forces de la nature. .Mais il s'avance plus loin qu'eux. Pour lui, le progrès de l'esprit humain n'est pas seulement une conjecture pliilosophique, c'est une loi naturelle, loi impérieuse et absolue, exactement semblable à celle qui fait croître un homme en expérience et en sagesse, depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse. Le progrès peut être interrompu dans une nation par une invasion de barbares, comme il est interrompu dans l'homme par une maladie; mais l'homme une fois guéri se remet à s'instruire; la nation une fois délivrée recommence à marcher en avant K Personne n'a pris plus à la lettre que Terrasson la comparaison de l'humanité avec l'homme. D'ordinaire les philosophes qui assimilent ainsi l'espèce à l'individu, hésitent à pousser le parallèle jusque dans le détail, ce qui est la grande difliculté. Il est aisé d'assimiler l'humanité à un homme qui a passé successivement par différents ûges en grandissant toujours. Mais oîi commence l'adolescence, oii commence la virilité ? Le genre humain est-il encore dans l'âge mûr, touche-t-il au déclin, est-il parvenu à la vieillesse? Autant de questions dont la solution embarrasse les théoriciens les plus convaincus du progrès. La vieillesse surtout, voilà le plus sérieux embarras. Comment accorder le déclin avec le progrès? La plupart s'en tirent en supposant que l'humanité est encore pour longtemps dans l'âge viril; ils reculent la difliculté. Quelquesuns la suiipriment, en n'admettant pas que l'humanité puisse vieillir. L'esprit humain pour eux ressemble à certains dieux de la Fable, qui ont eu leur enfance, leur adolescence, leur virilité, mais qui .ne sont jamais devenus des vieillards. Terrasson est le premier en date de ces radicaux de la perfectibilité : il désigne nettement par