‹ OEuvres complètes de H. Rigault. Précédées d'une notice biographique et littéraireChapitre 160 sur 183 · La Philosophie applicable, p · texte numérisé non relu

La Philosophie applicable, p

des époques précises les trois premiers âges du genre humain. « Je place, dit-il, son enfance au temps d'Homère, son adolescence au temps d'Athènes , et sa maturité au temps de César et d'Auguste ^ ■*> Dans ce passage, l'abbé Terrasson semble s'arrêter à l'antiquité ; mais en réalité il étend le progrès jusqu'aux siècles modernes : à ses yeux le monde est encore dans cette maturité, qui commence au siècle de César et d'Auguste, et dans sa maturité même, le temps lui donne tous les jours de l'expérience. C'est là une division bien inégale des âges ! L'enfance du genre humain depuis Homère jusqu'à Périclès, et son adolescence depuis Périclès jusqu'à Auguste, sont beaucoup plus courtes que sa maturité , depuis Auguste jusqu'à la régence du duc d'Orléans. Terrasson rendrait mieux sa pensée en disant que, si la durée de l'enfance et de l'adolescence du genre humain ont été limitées, celle de sa maturité est indéfmie. Après Auguste et ses successeurs, ajoute-t-il plus loin, le progrès de l'esprit humain s'était arrêté devant les barbares: mais la Renaissance lui a rouvert la voie; le X.VI1* siècle a éclipsé le siècle d'Auguste en répandant par les mains de Descartes les lumières de la philosophie, et il dépend du xviii^ siècle de surpasser son devancier. Il n'a qu'à fortifier cette alliance établie par le siècle de Louis XIV entre les belles-lettres et les sciences naturelles*; il n'a qu'à rappeler les unes et les autres à un principe commun, à l'esprit de philosophie, et alors, une fois secoué le joug ridicule de la prévention, une fois reconquise par la victoire des modernes sur l'antiquité la dignité de l'esprit humain, un âge de perfection s'ouvre à la littérature. L'esprit français supérieur aux Latins, « qui n'ont pas eu assez de force pour se sauver de l'imitation

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