Pr6face de la Visscrtation sur l'Iliade
des Grecs, » devra son indépendance littéraire et sa gloire à cette dispute des anciens et des modernes, éternel honneur de l'Académie française qui l'a commencée, comme elle a dû son indépendance scientifique à l'Académie des sciences, victorieuse d'Aristote.
Dans cette maturité du genre humain, qui est l'Age de la délivrance, rien n'annonce, comme on voit, la décrépitude; dans cette ère d'indépendance qui s'ouvre devant l'esprit humain, rien ne fait pressentir le déclin. Le quatrième âge de l'humanité n'apparaît pas encore à l'horizon, ou plutôt, il ne viendra jamais. <i L'homme, pris en particulier, ne peut croître en un sens, qu'il ne décroisse en un autre : en acquérant la force du jugement, il perd le feu de l'imagination. Il n'est pas ainsi de l'homme pris en général, parce qu'étant composé de tous les âges, il acquiert toujours au lieu de perdre ^ « Voilà la vraie pensée de l'abbé Terrasson : l'homme acquiert toujours, et il ne perd jamais rien. Illusion singulière du philosophe optimiste, qui ne voit pas que, si l'on compare le genre humain à l'individu, il faut pousser la comparaison jusqu'au bout. L'humanité, comme l'homme, en acquérant la force du jugement, perd le feu de l'imagination, parce que l'humanité vieillit comme l'homme, en dépit de Terrasson, qui écarte vainement cette importune idée de la vieillesse. Et pour n'avoir pas voulu voir cette analogie de l'espèce avec l'individu, pour n'avoir pas distingué dans l'esprit humain les facultés que le temps fortifie et celles qu'il épuise, Terrasson a confondu les arts et la poésie, qui, après avoir brillé, palissent et s'éteignent, avec les sciences , dont le foyer s'étend et s'avive toujours. Non-seulement il n'établit pas cette distinction nécessaire, mais il la rejette formellement. « Séparer, dit-il, la vue générale du progrès