XXXII AVANT-PROPOS DE LA QUERELLE
merais heureux si, à l'attrait élevé qu'un point de vue philosophique communique à une question littéraire, pouvait s'ajouter l'intérêt que des recherches nouvelles donnent à un sujet connu. La phase italienne et la phase anglaise de la querelle des anciens et des modernes n'avaient presque jamais attiré l'attention de la critique, et môme dans la période française, souvent étudiée, il restait non pas sans doute des découvertes à faire, je n'ai pas eu celte aiid)ition, mais des détails oubliés à remettre en vue. Enfin l'avantage des discussions, c'est qu'elles révèlent nonseulement l'esprit, mais l'àme des hommes ; et comme les plus grands écrivains de nos deux plus grands siècles ont pris part à la querelle des anciens et des modernes, peut-être trouvera-t-on dans le rôle qu'ils y ont joué quelques traits curieux, qui comj)!ètent l'idée que nous avons de leurs caractères, et nous font connaître les mœurs littéraires d'autrefois. Quant à la division de l'ouvrage, elle se présentait naturellement. H y a dans la querelle des anciens et des modernes trois périodes marquées : la première période française au XVII" siècle, avec Desmarets, Perrault et Boileau; la période anglaise avec Temple, Boyle, AVotton et Bentley; enfin la seconde l)ériode française au xviir siècle, avec La Motte, avec Ahne Dacier. J'ai divisé mon histoire en trois parties, qui correspondent à chacune de ces périodes. C'est la succession même des faits qui a dicté cette division.