CHAPITRE II
Des rapports du christianisme avec l'idée de progrès et avec l'antiquité. — Le moyen âge. — Roger Bacon.
i Nous nous étonnons, a dit Sénèque, de ne pas connaître Dieu. Mais combien d'êtres sur la terre se sont pour la première fois révélés à notre siècle! Combien nous sont inconnus que les siècles à venir découvriront à leur tour ! Combien de conquêtes sont réservées pour les âges futurs , quand notre mémoire sera pour toujours effacée ! Il est des mystères qui ne soulèvent pas en un jour tous leurs voiles, ïlleusis garde des révélations pour les fidèles qui reviennent l'interroger. La nature ne livre pas à la fois tous ses secrets. Nous nous croyons initiés, et nous ne sommes qu'au seuil du temple. La vérité ne vient pas s'offrir et se prodiguer h tous les regards; elle se cache et s'enferme au plus profond du sanctuaire : notre siècle en découvre un aspect ; les siècles qui nous suivront contempleront les autres*. »
Tel est l'admirable langage dans lequel Sénèque à son tour exprime l'idée du progrès. Mais Sénèque est déjà le