I. Hémoircs de Cliarles Perrault, liv. IV, p
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ainsi qu'il le dit lui-même dans une de ses lettres , son propre personnage, « le chagrin de ce misanthrope contre les méchants vers ayant été, comme Molière me l'a confessé plusieurs fois lui-même, copié sur mon modèle'. » Ce jour-là Boileau fut vraiment Alceste, et l'Académie lui paraissant jouer le rôle de Philinte, il s'emporta contre l'Académie :
Eh quoi! vil complaisant, vous louez des sottises!
lioileau , dit Perrault, qui raconte cette petite comédie à la lin de ses Méînoircs , gronôaii tout bas, pendant que lluet, alors évêque de Soissons, qui siégeait à côté de lui, s'efforçait de le calmer, en lui représentant « que, s'il était question de prendre le parti des anciens, cela lui conviendrait mieux qu'à lui ; mais qu'ils n'étaient là que pour écouter. » Écouter! c'est à quoi se refusait Boileau, qui, d'impatience, se leva avant la fin du discours, en s'écriant (prune telle lecture était une honte pour l'Académie ^ Cependant La Fontaine, assis de l'autre côté de Huet, paraissait rêver. Quelques jours après, en portant à l'évêque de Soissons une traduction de Quintilien , par Orazio Toscanella% il lui oflï'it l'admirable épître en l'iionneur des anciens, où on lit ces beaux vers :
Quelques imitateurs, sot bétail, je l'avoue, Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue. J'en use d'autre sorte, et, me laissant guider. Souvent h marcher seul j'ose me hasarder. On me verra toujours pratiquer cet usage : Mon iinitation n'est pas un esclavage.
Je ne prends que l'idi-e, et les tours e* le lois
1. LeUres de Boileau , t. III, ]>. l'26. Éd. Berryat Saint-Prix.