‹ OEuvres complètes de H. Rigault. Précédées d'une notice biographique et littéraireChapitre 66 sur 183 · Hucl, Commi'iU., lib. V · texte numérisé non relu

Hucl, Commi'iU., lib. V

DHS ANCIKNS HT DKS MoDKUNKS. 157

Que nos inaitres suivaient eux-mêmes autrelbis.

Si d'ailleurs ([uehjue endroit eu eux plein d'excelleuce

Peut entrer dans mes vers, sans nulle violence

Je l'y tnmsporte, et veux qu'il n'ait rien d'aflecté,

Tâchant de rendre mien cet air d'antiquité.

Je vois avec douleur ces routes méprisées.

Art et guides, tout est dans les Cliamps-Klyst'es;

J'ai beau les évoquer, j'ai beau vanter leurs traits.

Du me laisse tout seul admirer leurs attraits.

Téreuce est daus mes mains; je m'instruis dans Horace;

Homère et son rival sont mes dieux du Parnasse.

Je le dis aux rochers; on veut d'autres discours :

Xe pas louer son siècle est parler h des sourds;

Je le loue, et je sais qu'il n'est pas sans mérite;

JNIais près de ces grands noms notre gloire est petite '.

Telle fut la vengeance de La Fontaine : le bonhomme se peint dans ce calme rêveur et dans cette élégie de bon goût, comme Boileau se peint dans sa colère, dans sa brusque sortie, et dans ses épigrammes. Racine, lui aussi, le malin Racine, est tout entier dans sa vengeance. H connaissait Perrault depuis longtemps. C'est à lui qu'en 1660 il avait fait montrer, par M. A'itart, ses premières odes de jeunesse, après avoir obtenu le suffrage de Chapelain, et Perrault lui avait indiqué quelques retranchements à faire, entre autres une comparaison de Vénus et de Mars, dont Perrault demandait la suppression , « à cause que Vénus est une prostituée'. » Racine s'était exécuté. H avait supprimé Mars et Vénus. Au sortir de la séance académique, il s'approcha de Perrault en souriant, loua beaucoup son poème, et le complimenta du jeu d'esprit qu'il avait si agréablement soutenu. Perrault, piqué de l'éloge, répondit qu'il avait parlé fort sérieusement et qu'il le prouverait. « Je

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