‹ [Œuvres complètes de Henri ConscienceChapitre 129 sur 225 · LE FRÈRE · texte numérisé non relu

LE FRÈRE

Non, non, sœur, il ne viendra pas aujourd'bui encore. Chasse ces trompeuses illusions, et leposo doucement ta tête fatiguée.

LA SfEUR pose la tête sur le coussin et effeuille ilistraiieiiient la rose sur sa main.

Eveille-moi, frère, si je dormais trop longtemps.

LE FRÈRE s'assied auprès de la sœnr et se met à pleurer.

Deux fleurs flétries! — Pauvre rose, voilà tes pétales de pourpre semés comme des taches de sang sur ses mains de neige ! (Sa sœur remue la main; les feuilles de rose tombent dans le ruisseau.) 0 chère sœur, comme c'est bien là l'image de la destinée! Ses seize années se sont écoulées sous l'aile protectrice de l'amour maternel et d'une tendre amitié; comme ces feuilles, elle les a vues, aimante et joyeuse, briller et disparaître tour à tour; et rîiaintenant, — pauvre fleur découronnée qui s'incline sur sa tige brisée, — maintenant elle n'a plus une seule feuille à jeter an torrent de la vie. Sa tête alourdie se penche vers la tombe; son âme se dégage des liens du corps souffrant et épuisé, et peut-être l'ange est-il vraiment déjà à son côté... Quel peut donc être ce mal? Le Seigneur choisirait-il les plus pures d'entre les jeunes fllles pour augmenter les chœurs célestes? Ge mal inconnu qui les consume serait-il une préparation à la béatitude? Ma sœur unirait donc sa voix à celle des anges devant le trône du Seigneur...

(]l penche la tête et garde le silence.)

L'ANGE GARDIEN, LE DÉMON, LA JEUNE nil.E.

l'ange Arrière, mauvais esprit, que viens-tu chercher

LE nEMON.

Crois-tu, ange de lumière, que je t'abandonne une âme sans condiailr". Si ton amour te porte à protéger les hommes, ma haine me pousse à les persécuter.

l'ange.

Ta haine? Que t'a fait cette jeune fille ?

le démon.

N'est-elle pas fille d'Eve?

Tu l'as dit.

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